
Luc Foucault, président de l’Aric : C’est une association d’élus, unique en France. Elle existe seulement en Bretagne et regroupe 380 communautés adhérentes, soit 22 000 élus. Son rôle est d’épauler les élus, pour aborder au mieux leurs nouveaux mandats et accompagner leur montée en puissance. Comment fonctionne une collectivité ; le positionnement à adopter, face aux agents communaux… L’Aric n’a pas de sensibilité politique. On forme les élus d’opposition, comme ceux de la majorité.
Le besoin de formation des élus est-il important ?
Les fonctions de l’élu local évoluent. Jusqu’alors, un maire était employeur et gestionnaire. Aujourd’hui, il a un rôle de médiation et d’animation. Les élus sont de plus en plus disponibles pour répondre aux habitants. Nous leur proposons des formations : comment bâtir un programme, monter une équipe, comment faire un bilan de mi-mandat, comment élaborer une charte de bonne conduite…
On parle beaucoup du malaise des maires, de la lourdeur de leurs tâches. Comment l’Aric peut-elle les aider ?
Il y a une grande appétence des élus pour toutes les formations sur la communication, du fait des nouveaux outils numériques. La communication d’une collectivité est à manier avec beaucoup de précautions. Beaucoup d’élus sont fragilisés car ils sont attaqués sur les réseaux sociaux, par exemple.
Aujourd’hui, faut-il absolument être un maire 2.0 ?
Avant, une mairie recevait une pile de courriers. Aujourd’hui, c’est une pile de courriels. Tout le monde a son compte Facebook ou Twitter. Il faut être d’une grande rigueur dans sa communication. Tout fuite très vite. Certains maires sont très déstabilisés. Il faut mettre à leur disposition les outils pour se former.
Êtes-vous plutôt confiants ou inquiets sur la pérennité de la fonction de maire, alors que vous-même avez annoncé ne pas briguer un troisième mandat, à la tête de Séné ?
L’Aric a organisé des soirées citoyennes, qui ont mis en présence des élus, mais aussi des citoyens non élus. À chaque rencontre, nous avons eu de bonnes surprises. Les citoyens se sont montrés rassurés sur l’engagement des élus, et ont eu envie de s’engager eux-mêmes. Certes, la charge d’élu est chronophage, mais elle apporte du plaisir et des connaissances. Je suis optimiste, car j’ai vu dans ces rencontres, des citoyens qui voulaient s’engager. Ce sera peut-être plus difficile dans les petites communes. Mais en Bretagne, dans les villes moyennes, on voit qu’il y a beaucoup de listes. Ça montre que le débat démocratique est actif. C’est capital pour la démocratie locale. On voit aussi que beaucoup de femmes vont s’engager. J’espère que la Bretagne sera la région où le plus de femmes s’engageront. Un homme ne se pose jamais la question de ses compétences. Une femme oui. Sur ce dernier mandat, depuis 2014, l’Aric a formé 6 000 élus, dont 58 % de femmes.
Nous sommes heureux de vous relayer cet article sur la formation des élus. Parce que l’exercice d’un mandat nécessite des compétences variées et en constante évolution, la formation des élus est un enjeu essentiel pour une action publique efficace. L’organisme formation-des-elus.cdcl.fr, créé et géré par des élus au service des élus, propose des formations adaptées aux réalités du terrain. En tant qu’association, notre mission est d’accompagner les élus en leur offrant des contenus de qualité, dispensés par les meilleurs experts, afin de leur permettre d’exercer leurs responsabilités avec assurance et compétence.
