
Le ministre des Outre-mer Manuel Valls a reçu, mercredi 30 juillet 2025, une délégation d’élus guyanais à Paris pour lancer les discussions sur l’évolution du statut institutionnel du territoire amazonien vers davantage d’autonomie, une demande portée de longue date par les responsables locaux.
La société civile « exclue » des pourparlers ?
Cette rencontre, annoncée par Manuel Valls à l’occasion de son déplacement en Guyane en juin dernier, « ouvre un cycle de discussions » sur l’évolution statutaire de la collectivité, a souligné le ministère en amont de la réunion.
À la sortie de la rencontre, le président de la Collectivité territoriale de Guyane (CTG) Gabriel Serville a dévoilé un « plan d’étapes » : une rencontre avec Emmanuel Macron « d’ici la fin du mois d’août, début du mois de septembre », un nouveau déplacement de Manuel Valls en Guyane « mi-septembre » et des « séquences de travail resserrées (…) qui devraient nous permettre d’aboutir à un résultat d’ici la fin de l’année 2025 ».
« Je considère que le projet est sur de bons rails. On a eu une écoute très attentive de la part du ministre », s’est enthousiasmé Gabriel Serville.
Une dizaine d’élus guyanais ont pris part à la réunion.
Mais les deux députés de Guyane, Jean-Victor Castor et Davy Rimane, ont annoncé dans une lettre ouverte qu’ils ne participeraient pas à la réunion, accusant le ministre d’avoir exclu la société civile des pourparlers.
« L’évolution statutaire de la Guyane est une question essentielle qui engage l’avenir du territoire. Elle ne peut être abordée sans la société civile, dont l’implication a été constante depuis 2017 (…). Dans ces conditions, les députés annoncent qu’ils ne participeront pas à la réunion du 30 juillet », a écrit mardi le député indépendantiste Jean-Victor Castor sur Facebook.
« Je m’efforcerai de faire en sorte que tout le monde soit associé aux différentes discussions qui auront lieu prochainement », a déclaré Gabriel Serville à l’issue de la rencontre.
Les recommandations de la Collectivité territoriale de Guyane
prises en compte
Les participants ont co-signé un « relevé de décisions de la réunion » mercredi, actant notamment le fait que « le document d’orientation de la CTG représente la base des discussions (…) relatives à l’évolution institutionnelle de la Guyane ».
Le projet d’autonomie de la Guyane était à l’arrêt depuis la visite sur place du chef de l’État en mars 2024.
Les élus guyanais réclament un « pouvoir normatif transféré » leur permettant d’édicter des « lois pays » adaptées aux spécificités locales, qui nécessiteraient une révision constitutionnelle à laquelle s’était refusé Emmanuel Macron durant sa visite.
Leur projet, affiné durant plusieurs congrès en 2023 et 2024, prévoit des transferts de compétences pour que la future collectivité autonome soit responsable de l’aménagement, du transport, de l’agriculture ou encore de la gestion des ressources naturelles.
La sécurité et la coopération régionale seraient partagées avec l’État. Les élus demandent également le transfert du foncier public, aujourd’hui propriété de l’État à plus de 90 % en Guyane.
Nous avons le plaisir de vous relayer cet article sur la formation des élus. Se former est une nécessité pour exercer pleinement ses responsabilités et répondre aux défis de l’action publique. C’est dans cet esprit que formation-des-elus.cdcl.fr a été créé : une association fondée et gérée par des élus, dédiée à l’accompagnement et au développement des compétences des représentants locaux. Grâce à des formations animées par des experts reconnus, nous apportons aux élus des outils concrets et adaptés à leurs missions, afin de renforcer l’efficacité et la qualité du service public.
