, Incendie dans l’Aude : les élus locaux en première ligne pour constater les dégâts

Incendie dans l’Aude : les élus locaux en première ligne pour constater les dégâts

  • Le feu qui s’est déclaré mardi dans l’Aude a parcouru et brûlé 16.000 hectares ce mercredi après-midi.
  • Sur place, les maires des communes concernées ne peuvent que constater les dégâts des flammes sur leurs territoires.
  • Ils regrettent les conséquences de l’ »incivisme » des citoyens et appellent l’État à agir.

Ce mercredi en début d’après-midi, 16.000 hectares ont déjà brûlé dans l’Aude. L’incendie qui s’est déclaré mardi a également fait une victime, un blessé grave et un disparu. 15 communes ont été impactées, et plusieurs des maires de ces villages ont témoigné dans les médias de leur expérience, de leurs peurs, parfois de leur ras-le-bol de voir leurs municipalités régulièrement en danger ou endommagées par les incendies, notamment depuis le début de l’été dans ce département. 

À François Bayrou et Bruno Retailleau qui étaient sur place cet après-midi, le maire de Saint-Laurent-de-la-Cabrerisse, où est décédée la femme de 65 ans, a évoqué « 24 heures traumatisantes ». Pour éviter de les revivre dans le futur, il a réclamé des actions concrètes aux services de l’État. « Il faut réfléchir rapidement à des essences différentes (pour la composition des forêts, alors que certaines espèces participent à la propagation du feu, ndlr), des coupe-feux qui ne soient pas simplement des coups de bulldozers. Il faut que tout le monde se mette autour de la table, l’Office national des forêts, les pompiers, les petites collectivités, les grandes collectivités, les services de l’État, pour qu’on arrive rapidement à une action concrète », a plaidé Xavier de Volontat. « Il faut que vous soyez impulseurs, nous on est prêts », a-t-il ajouté. 

Je ne comprends pas que les gens ne soient pas plus responsables

Isabelle Géa, maire de Fabrezan

Aujourd’hui les maires ont des obligations à remplir pour prévenir les risques d’incendie, principalement en organisant et gérant le débroussaillage des abords et des terrains de leur commune, mais ils sont nombreux à constater que cela n’est pas suffisant ou réduit à néant par l’inattention ou l’incivilité des citoyens. « Ces risques, on essaye de les maîtriser avec le nettoyage et tout ce qu’on peut mettre sur nos communes, mais l’incivisme des gens (…) on pense que ça n’arrive qu’aux autres, mais non », a par exemple réagi ce mercredi 6 août sur LCI Jean-Jacques Marty, président des maires ruraux de l’Aude, présentant que l’incendie déclenché hier serait criminel (une enquête a été ouverte pour en déterminer les causes). 

C’est également ce discours qu’a tenu sur les antennes de Radio France  (nouvelle fenêtre)Isabelle Géa, maire de Fabrezan, commune, elle aussi, touchée par l’incendie. « Les incendies sont d’origine criminelle ou accidentelle, mais accidentelle par manque de responsabilité de la part des personnes », regrettait-elle ce matin. « L’Aude subit une sécheresse depuis déjà trois années consécutives. On est même sur une quatrième année de sécheresse. Je ne comprends pas que les gens ne soient pas plus responsables, ne se sentent pas plus concernés », ajoutait celle qui ce matin avait « peur d’aller voir les dégâts »

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Sur place, les édiles n’ont effectivement que pu constater l’incroyable propagation du feu, les rendant impuissants. « C’est du jamais-vu. C’était incroyable. En dix minutes, il a parcouru un kilomètre », a raconté à France info Alain Coste, maire de Ribaute. « On a tous été surpris, y compris les pompiers. Pourtant, nous sommes habitués aux incendies. Mais là, c’est incroyable. » L’édile devait lui aussi profiter de la visite du chef du gouvernement et du ministre de l’Intérieur pour faire passer quelques messages. « Il faut certes faire des économies mais il ne faut pas les faire à n’importe quel prix et dans n’importe quel domaine, surtout pas sur le risque d’incendie », plaidait-il. « Il faut arrêter de vouloir économiser » sur l’achat de matériel pour lutter contre les incendies. « Quand on voit un feu d’une telle ampleur, je n’ose même pas imaginer à combien va s’élever la facture. Je pense que ça aurait payé quelques Canadair. »

J.F.

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