, Lettre de Lecornu aux élus locaux : « Maintenant on attend les actes », la grande prudence des élus

Lettre de Lecornu aux élus locaux : « Maintenant on attend les actes », la grande prudence des élus

, Lettre de Lecornu aux élus locaux : « Maintenant on attend les actes », la grande prudence des élus

Le locataire de Matignon, Sébastien Lecornu, n’a manifestement pas oublié son passage par le ministère des Collectivités locales (2018-2020). En remettant sur la table la décentralisation et le statut de l’élu, il est assuré, à ce stade, d’avancer sans risquer la chute avec ce sujet assez consensuel. L’impératif d’un nouvel acte de décentralisation est appelé des vœux des élus locaux, toutes strates confondues.

« Grosses ficelles »

Sa lettre suscite néanmoins un enthousiasme très modéré : « Quel élu local pourrait être opposé à une clarification de notre organisation, interroge Christine Bost, présidente PS de Bordeaux Métropole. Mais annoncer cela et nous écrire alors qu’il n’y a pas de gouvernement, pas de majorité, pas de concertation, pas de contenu autre que des positions de principe invite à la prudence. » Des élus locaux échaudés par les « années Macron » marquées par une défiance envers le sommet de l’État. « La constante du pouvoir a été de faire des économies sur le dos des collectivités, reprend-elle. Donc nous attendons des actes concrets plus que de grosses ficelles de communication. Et naturellement, les élus locaux sont à la disposition du Premier ministre s’il veut les entendre et instaurer un climat constructif »

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Emmanuel Sallaberry, maire centriste de Talence et co-président de la commission des finances de l’Association des maires de France, reste prudent : « Sur le statut de l’élu, rien de neuf, c’était dans les tuyaux. Bien sûr, il faut repréciser pouvoirs et compétences. Quid de la fiscalité ? Si cela doit être une décentralisation sans moyens, non merci ! » C’est déjà le contenu que l’on met derrière ce nouvel « acte de décentralisation » qui préoccupe : « Que l’État nous fasse confiance, on ne demande que cela. Il faut aussi que les parlementaires arrêtent de pondre des contraintes qui affadissent le rôle des élus. Une loi sur les collectivités, ce n’est pas si simple, je suis dubitatif concernant les délais annoncés. Sur la forme je me réjouis, maintenant on attend des actes. »

« Chiche ! »

Pascal Boutan, maire de Lamontjoie, en Lot-et-Garonne, constate « une volonté de faire quelque chose mais rien de concret non plus ». « Il y a par contre des termes qui m’interrogent, poursuit-il. La formule ‘‘agent de l’État’’ m’a un peu surpris. Nous ne sommes pas nommés mais élus. Idem quand il parle de définir les champs de compétences. Est-ce plus de pouvoir aux préfets et moins aux maires, ou l’inverse ? Ce qui est certain, en revanche, c’est que sans l’engagement des maires, que ferait l’État ? »

Alain Rousset, président socialiste de la Région Nouvelle-Aquitaine, qui se présente le « Sisyphe de la décentralisation », salue l’intention : « Chiche ! Analyser la meilleure répartition des compétences et des ressources avec les bonnes comparaisons européennes. Allons-y ! Les Français ont besoin de savoir qui fait quoi. La centralisation est un boulet au pied. Elle coûte cher, produit de la norme, court-circuite les initiatives. Autre point à étudier : la clarification des ressources. »

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