Alors que les négociations à Paris se poursuivent sur un potentiel gouvernement, la crise politique aura des effets sur les fonctionnements des mairies. Certains élus sont écoeurés.
Sébastien Lecornu Il a jusqu’à mercredi soir pour négocier à la demande d’Emmanuel Macron autour d’une « plateforme d’action et de stabilité » en vue d’un prochain gouvernement. Le budget de l’État pour 2026 doit être présenté en conseil des ministres, théoriquement le 13 octobre au plus tard afin d’être voté dans les temps.Pour les collectivités, il va falloir travailler sur un budget à trous en attendant un gouvernement et une majorité pour faire adopter le budget de l’État. Ce « spectacle » agace prodigieusement Brigitte Meyer, maire de Bainville-aux-Miroirs, en Meurthe-et-Moselle, et vice-présidente de l’association des maires ruraux de Meurthe-et-Moselle : « il y a une fracture qui est en train de devenir béante entre la population et ses représentants. J’ai une écoute, comme nombre de mes collègues maires, on est au-delà de la résignation, on est dans la colère et la colère, ça n’est pas bon […] Il faut arrêter là, on est au-delà de ce qui est supportable« . Au-delà de l’image et du symbole, ce « retard budgétaire » va entraîner un décalage pour tout le monde, et notamment pour les petites communes qui ont besoin de subventions pour réaliser leurs projets.
À Saint-Max, dans le Grand Nancy, le maire Eric Pensalfini ne veut pas attendre le vote du budget de l’État pour se positionner. Il fera adopter son budget 2026 avant Noël pour assurer la poursuite du chantier de la nouvelle école : « les travaux ont commencé à l’été, le chantier avance et les entreprises, il faut bien les payer. On ne peut pas se permettre de bloquer quoi que ce soit« . Alors ce sera un budget à l’aveugle, sans savoir quand l’État pourra verser les subventions promises.Face aux incertitudes nombreuses, Eric Pensalfini a prévu de décaler dans le temps la végétalisation de trois cours d’école pour environ un million d’euros : « on va attendre des jours meilleurs l’année prochaine, mais j’espère que ce qui va arriver va nous permettre de concrétiser sinon on reculera encore« . Eric Pensalfini qui rappelle que contrairement au budget de l’État, il est obligé de faire adopter un budget à l’équilibre à l’euro près.À Nancy, le budget ne sera voté qu’après les élections municipales de mars 2026, mais ce budget se prépare déjà. Pour autant, pas question de renoncer d’ores et déjà à certains projets engagés à cause du flou politique pour le maire Mathieu Klein : « je ne mets aucun projet à l’arrêt en raison de l’incertitude politique, lorsque nous connaîtrons l’état des différents fonds de concours de l’État pour 2026, nous ferons les ajustements nécessaires le cas échéant. Il me paraît indispensable qu’à l’échelle locale, nous soyons solides et les pieds bien ancrés dans le territoire« . Pas de panique donc, même si la situation du gouvernement aura forcément des conséquences sur les finances des collectivités.

