Dans la Loire, neuf habitants sur dix ont des difficultés à trouver un spécialiste selon la consultation Odoxa pour ICI. Les maires sont démunis face à ces problèmes explique Isabelle Dugelet, maire de La Gresle, co-présidente de la commission santé de l’Association des maires ruraux de France.
ICI Saint-Étienne – Vous n’êtes pas surprise par ces chiffres et par les difficultés que font remonter nos auditeurs à trouver un spécialiste. Quels sont les spécialistes qui manquent dans le milieu rural que vous connaissez bien ?Isabelle Dugelet – Dans le Nord du département de la Loire, il nous manque essentiellement des psychiatres, des dermatologues, des cardiologues, je pense que ce sont les spécialités qui sont le plus en crise chez nous. Pour voir les spécialistes, il faut aller dans les métropoles, plutôt Saint-Étienne ou Lyon.Quelles sont les conséquences pour vos administrés, pour les administrés des communes voisines ?Les conséquences sont liées aux questions de déplacement : les gens qui sont encore mobiles ou qui ont des moyens de se déplacer arrivent à le faire pour aller trouver un médecin, avec des délais assez longs quand même. Sinon, c’est un renoncement aux soins dans de nombreux cas.Pour les élus des communes, à quatre mois des élections municipales, ces questions de déserts médicaux sont-ils au cœur de la campagne ?La santé est une compétence régalienne de l’État, dont les collectivités se sont emparé au fil du temps pour justement remédier à toutes ces difficultés. Simplement on ne peut pas inventer ce qui n’existe pas. Il nous manque des médecins partout et les collectivités, les communes, mais plus souvent les communautés de communes ou agglos, peuvent avoir recours à des cabinets de recrutement ou chercher par tout moyen des médecins. On voit d’ailleurs des panneaux fleurir au bord des routes un petit peu partout pour des gens qui recherchent un médecin, des vidéos qui sont faites par des villes, des communes, des hôpitaux. Cela ne marche pas parce qu’il y a aussi un phénomène important de médecins qui passent d’une commune à l’autre, des phénomènes de concurrence entre les communes, des aides financières qui peuvent être apportées par certaines villes ou par des départements. Tout ça, ça dérégule un petit peu les installations des médecins, qui ne sont plus complètement libres, au détriment des autres bien malheureusement.
Les maires sont-ils alors complètement impuissants ?Ils n’ont pas beaucoup de possibilités d’action, si ce n’est éventuellement accompagner des professionnels pour les projets immobiliers. C’est-à-dire que quand un groupe de professionnels a besoin de nouveaux murs, on peut accompagner, on peut aider à trouver des solutions pour qu’ils soient dans de bonnes conditions pour l’exercice de leur métier, ce qui incite souvent d’autres à les rejoindre, donc créer des maisons de santé ou des centres de santé. En revanche, cela ne sert absolument à rien de construire une maison médicale s’il n’y a pas les professionnels à mettre à l’intérieur, ça c’est du gaspillage de l’argent public.C’est-à-dire qu’en fait il faut avoir les médecins avant d’avoir les infrastructures, sinon ça devient une coquille vide ?Exactement, c’est ce qu’on voit un petit peu partout, des élus qui ont voulu anticiper et dire qu’ils mettaient des locaux à disposition, qu’ils avaient des locaux. Mais en réalité ce n’est pas ça qui fait venir les médecins, c’est plutôt le travail d’équipe, le groupe et la mobilisation, l’énergie qu’il peut y avoir entre tous.Il doit aussi y avoir un déséquilibre entre les grosses communes et les petites communes parce qu’une maison de santé, on a eu l’exemple dans nos journaux de celle de Firminy, ça coûte un million d’euros. Ce n’est pas à la portée de n’importe quel village.Non seulement c’est un déséquilibre, mais depuis le temps qu’on a vu naître tous ces centres de santé aux maisons médicales, elles ont un effet d’entonnoir, si vous voulez, d’aspiration sur le terrain, c’est-à-dire que là où on avait un maillage avec des médecins généralistes dans de nombreuses communes moyennes ou petites, maintenant on a un centre de santé plus important et 30 km à la ronde, on n’en a plus rien, pratiquement. C’est ce qui nous arrive, malheureusement, avec cette nouvelle façon de travailler des médecins. Après les ruraux ils ont l’habitude de se déplacer dans tous les cas, ce qu’ils veulent c’est une solution quand ils en ont besoin.
Les maires sont-ils alors complètement impuissants ?Ils n’ont pas beaucoup de possibilités d’action, si ce n’est éventuellement accompagner des professionnels pour les projets immobiliers. C’est-à-dire que quand un groupe de professionnels a besoin de nouveaux murs, on peut accompagner, on peut aider à trouver des solutions pour qu’ils soient dans de bonnes conditions pour l’exercice de leur métier, ce qui incite souvent d’autres à les rejoindre, donc créer des maisons de santé ou des centres de santé. En revanche, cela ne sert absolument à rien de construire une maison médicale s’il n’y a pas les professionnels à mettre à l’intérieur, ça c’est du gaspillage de l’argent public.C’est-à-dire qu’en fait il faut avoir les médecins avant d’avoir les infrastructures, sinon ça devient une coquille vide ?Exactement, c’est ce qu’on voit un petit peu partout, des élus qui ont voulu anticiper et dire qu’ils mettaient des locaux à disposition, qu’ils avaient des locaux. Mais en réalité ce n’est pas ça qui fait venir les médecins, c’est plutôt le travail d’équipe, le groupe et la mobilisation, l’énergie qu’il peut y avoir entre tous.Il doit aussi y avoir un déséquilibre entre les grosses communes et les petites communes parce qu’une maison de santé, on a eu l’exemple dans nos journaux de celle de Firminy, ça coûte un million d’euros. Ce n’est pas à la portée de n’importe quel village.Non seulement c’est un déséquilibre, mais depuis le temps qu’on a vu naître tous ces centres de santé aux maisons médicales, elles ont un effet d’entonnoir, si vous voulez, d’aspiration sur le terrain, c’est-à-dire que là où on avait un maillage avec des médecins généralistes dans de nombreuses communes moyennes ou petites, maintenant on a un centre de santé plus important et 30 km à la ronde, on n’en a plus rien, pratiquement. C’est ce qui nous arrive, malheureusement, avec cette nouvelle façon de travailler des médecins. Après les ruraux ils ont l’habitude de se déplacer dans tous les cas, ce qu’ils veulent c’est une solution quand ils en ont besoin.

