
Lors d’un conseil d’administration délocalisé à Saint-Laurent-de-la-Cabrerisse, mercredi 7 janvier, l’Association des maires de l’Aude a rappelé l’élan de solidarité qui lui a permis de recueillir 860 000 € après le gigantesque incendie des Corbières, cet été. Son président, Eric Ménassi, a ainsi remis les premiers chèques aux communes, à l’intercommunalité, à la chambre d’agriculture et aux pompiers. Le restant sera reversé plus tard en fonction des besoins qui pourraient naître dans les mois prochains.
Dix-sept mille hectares et des paysages ravagés. Dix-sept communes impactées. Plus de 2 000 pompiers mobilisés. D’énormes dégâts matériels. Et une personne décédée. On ne rappellera jamais assez le traumatisme qu’ont vécu les habitants des Corbières au début du mois d’août dernier engendré par cet incendie gigantesque partant de Ribaute pour s’arrêter aux portes de Roquefort et qualifié d’incendie du siècle.
Et pourtant, malgré le drame, l’angoisse, la crise et l’urgence, un mot a pris tout son sens : solidarité. À tous les niveaux : de l’État au citoyen lambda, des communes aux intercommunalités, de l’association Aude solidarité au Département. « Très vite, dès le 8 août, l’Association des maires de l’Aude, en collaboration avec l’Association des maires de France, a décidé de lancer un fonds de solidarité pour soutenir les communes impactées afin de prendre en charge les frais liés à la crise dans un premier temps et de les appuyer à la reconstruction dans un second temps », rappelait mercredi 7 janvier, son président, Eric Ménassi, lors d’un conseil d’administration de l’association à Saint-Laurent-de-la-Cabrerisse.
L’occasion, pour lui, de confirmer qu’à ce jour, la somme de 860 000 € avait été recueillie auprès de 867 donateurs, dont 199 particuliers, 30 entreprises et 638 collectivités : « Après de très nombreux dons de particuliers au mois d’août, des collectivités de la France entière ont commencé à délibérer au mois de septembre et à nous mandater leurs participations. Parmi les 638 collectivités qui se sont mobilisées, 121 sont audoises, 93 catalanes et 89 héraultaises », détaillait-il.
De fait, en fin d’année dernière, l’Association des maires de l’Aude a décidé d’aider financièrement 11 communes, directement impactées par l’incendie, pour un premier montant de 114 137 € leur permettant d’acquitter les premières factures. De même, 10 000 € leur ont été alloués pour la prise en charge des frais de personnel : « Le total de cet appui aux communes s’élève ainsi à 205 353 € », notait le président de l’AMA, avant la remise symbolique du chèque en fin de réunion. La Communauté de communes de la région lézignanaise Corbières-Minervois a également bénéficié de 71 350 € pour la remise en état de la déchetterie de Saint-Laurent, le traitement des déchets et des frais de personnel.
En parallèle, 12 375 € ont été attribués à la chambre d’agriculture qui a mis en place un grand plan d’analyse des goûts de fumée sur les vignes impactées : « Nous nous substituons aux communes aux côtés du département », a rappelé Eric Ménassi.
Enfin, le conseil d’administration de l’association a également décidé d’octroyer une enveloppe de 100 000 € au Service départemental d’incendie et de secours (Sdis) de l’Aude qui, dans le contexte général que l’on connaît, et en raison de sa mobilisation exemplaire, en a bien besoin.
Mener à bien des opérations concrètes
« Aujourd’hui, il nous reste 471 000 €. Il nous faut déterminer comment ils seront redistribués », a lancé Eric Ménassi aux maires présents. Des élus qui se sont rangés derrière l’avis de Xavier de Volontat : « Je pense qu’il ne faut pas trop se presser. Dans trois semaines, nous aurons le compte rendu définitif des travaux de la mission interministérielle. On ne sait pas, aujourd’hui, ce que l’on va demander aux communes en matière préconisations ou d’impératifs liés à la reconstruction. Le cas échéant, cette somme pourrait nous servir pour mener à bien des opérations concrètes ».
Un point de vue partagé, notamment, par Cédric Malric, maire de Talairan, qui a apporté un éclairage complémentaire : « Nous sortons de trois années de sécheresse avec des sols qui ont été fragilisés : les pluies qui sont tombées sur ces sols qui ne sont plus protégés par la végétation risquent d’engendrer des dégradations sur les chemins communaux ou ailleurs. On ne connaît pas encore toute l’ampleur des dégâts que cette somme pourrait nous aider à réparer ».
En conclusion, le président de l’AMA a tenu à insister : « Durant cette période de crise, les maires ont été là jusqu’au bout : sans électricité, sans téléphone… S’ils ont tenu, c’est grâce à la solidarité qui s’est organisée : car on n’est jamais prêt à affronter des événements exceptionnels. » Surtout de cette ampleur.
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