« Vous n’êtes pas seuls » : le message des services de l’État aux nouveaux maires de l’Hérault

, « Vous n’êtes pas seuls » : le message des services de l’État aux nouveaux maires de l’Hérault

À l’initiative de la préfecture, du Département et de l’association des maires de l’Hérault, environ 250 maires et adjoints étaient rassemblés ce mardi afin d’aborder les problèmes qui leur sont soumis au quotidien.

Les dernières élections municipales ont abouti à un renouvellement de 40 % des maires de l’Hérault. Des élus novices ou peu expérimentés confrontés à des responsabilités de plus en plus complexes, des attentes croissantes de la part de leurs concitoyens.

« Le premier recours et le dernier rempart »

Afin de favoriser cette entrée en matière, la préfecture, le Département et l’association des maires de l’Hérault ont rassemblé ce mardi près de 250 d’entre-eux à l’hôtel d’Alco en présence du procureur de Montpellier et du procureur adjoint de Béziers, des représentants des forces de sécurité publique. « Vous êtes le cœur de la République, le premier recours et le dernier rempart. Vous incarnez cette communauté de destin, une réalité vivante. Vous n’êtes pas seuls, l’Etat sera toujours à vos côtés », a lancé la préfète Chantal Mauchet en préambule de cette matinée. « Notre volonté est d’éviter une entrée dans le mandat très complexe, d’être le meilleur relais possible pour vous accompagner dans le quotidien », a repris Frédéric Roig, président de l’association des maires du département et lui-même réélu.

Après avoir rappelé les champs de compétences de sa collectivité, Kléber Mesquida en a profité pour faire passer quelques messages, « si vous connaissez des familles intéressées pour être des assistants familiaux » et rappeler le maintien, même réduit, de l’aide aux communes dans le cadre du fonds de sauvegarde du financement des projets territoriaux. « L’État dispose de 30 M€ pour l’aide à la subvention d’investissement » avait également glissé la préfète attachée à « rendre efficace l’action publique. Ma doctrine est claire : accompagner et faciliter ».

Sécurité dans la commune mais aussi des élus

Mais, dans un premier temps, c’est essentiellement la thématique de la sécurité, qui a été soulevée par les maires et les élus. La sécurité pour eux-mêmes d’abord. « Je ne comprends pas la réponse qui a été apportée par la justice », a notamment déploré l’adjoint de Saint-Aunès récemment pris à partie sur sa commune. S’il n’a pas souhaité répondre sur le dossier précis, le procureur de Montpellier, Thierry Lescouarc’h, a incité les élus à alerter le parquet par mail en cas de difficultés avec un ou des administrés. « Quand il y a des faits significatifs, on se passe les informations. Aucun geste, aucune parole dégradante ne sera tolérée », a confirmé Chantal Mauchet. « Si le maire le souhaite, on se porte partie civile. On se mobilise immédiatement », a rappelé Frédéric Roig.

Premier rendez-vous : l’organisation des élections sénatoriales

Pour les nouveaux conseils municipaux et leurs maires, le premier rendez-vous institutionnel est celui des élections sénatoriales avec le renouvellement de 178 sièges.

Si le scrutin n’a lieu que le 27 septembre prochain, ce suffrage indirect implique une élection préalable des délégués et suppléants qui doit se faire le 5 juin prochain. Chaque assemblée communale est tenue de se réunir pour procéder à cette élection dont les modalités sont différentes en fonction de la taille des municipalités : moins de 1 000 habitants, de 1 000 à 9 000 habitants, de 9 000 à 30 000 habitants et enfin, les communes de plus de 30 000 habitants. « Il faut bien connaître les rouages pour éviter les difficultés et respecter les procédures », a indiqué devant l’auditoire, la secrétaire générale de la préfecture, Véronique Martin Saint-Léon. Plusieurs webinaires seront assurés par ses services pour briefer les exécutifs municipaux.

Parallèlement, la préfecture compte sur la mobilisation de 60 élus pour tenir les bureaux de vote lors de cette élection.

Occupation des terrains, protoxyde d’azote…

Concernant l’envahissement de terrain par les gens du voyage, une autre problématique récurrente, Philippe Vidal, le maire de Cazouls-lès-Béziers a déploré « une réponse qui n’est pas adaptée. Un sentiment d’impunité » alors que ses plaintes déposées il y a trois ans sont toujours en cours d’examen. « Le droit est de notre côté. Il faut d’abord empêcher l’installation. On peut se mobiliser collectivement », a répondu Marin Lassalle. « La difficulté que rencontrent les communes ce sont les atteintes aux biens et les dégradations. Le projet de loi du ministre de l’Intérieur va y apporter des réponses », a repris le représentant du parquet de Béziers, David Durand. Une remarque qui vaut également pour l’installation de rave parties.

Toujours en matière de sécurité, les représentants de l’Etat ont insisté sur l’importance pour les élus de travailler sur la prévention de la délinquance, de lutte contre les addictions comme celle, très courante, liée au protoxyde d’azote. « Les rappels à l’ordre du maire permettent de rappeler les règles sociales. Cela a un impact, c’est une action symbolique », assure Thierry Lescouarc’h.

Michaël Delafosse a demandé, de son côté, l’élargissement d’un conseil de prévention de la délinquance à l’échelle de la métropole. « La délinquance n’a pas les frontières de nos communes », a-t-il rappelé, demandant également une meilleure coordination et des réponses plus rapides dans la lutte contre le décrochage scolaire, première étape vers les chemins de la délinquance. « On a un enjeu de détection », a admis Marin Lassalle.

D’une façon plus globale, le directeur de cabinet a indiqué que la vidéoprotection, l’installation de lecteurs de plaques d’immatriculation ou la création de police municipale intercommunale constituaient des solutions à la disposition des maires pour lesquelles les services de l’État peuvent apporter leurs conseils. Une dernière hypothèse envisagée notamment par le maire de Lunas les Châteaux, Aurélien Manenc, les enjeux sécuritaires ayant dépassé depuis quelque temps maintenant le seul cadre des villes.

Nous sommes ravis de vous partager cet article sur la formation des élus. Face aux exigences croissantes de la gestion publique, il est essentiel que les élus disposent des connaissances et des compétences adaptées à leur mandat. C’est la mission de formation-des-elus.cdcl.fr, une association créée et dirigée par des élus, pour les élus. Nous proposons des formations conçues pour répondre aux réalités du terrain, animées par des experts de référence, afin d’accompagner les élus dans l’exercice de leurs responsabilités et l’amélioration de l’action publique.