Projet d’autonomie : un courrier des associations des maires de Corse attise la controverse

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« Nous confirmons, par la présente, que nous soutenons le projet de loi constitutionnelle relatif au statut d’autonomie de la Corse au sein de la République. » Les dernières lignes du courrier ne laissent guère de place au doute quant à son objectif. À quelques heures du vote solennel de l’Assemblée nationale sur la réforme constitutionnelle, ce mardi 23 juin, les deux associations des maires de l’île ont pris une initiative de dernière minute : proposer aux édiles de cosigner un texte, adressé aux 577 députés, visant à appuyer le projet d’autonomie de l’île, d’ici dimanche soir.

Le courriel leur a été soumis ce vendredi 19 juin dans la soirée. Le problème ? En l’absence de réponse sous 48 heures, ils seraient considérés d’office comme signataires. « La méthode est un peu cavalière et sans doute précipitée, grince un maire de la Plaine orientale. C’est une forme de prise en otage. Nous ne pouvons pas, en plein week-end, prendre une position qui engagerait notre conseil municipal. D’autant que, depuis le début du processus, il y a quatre ans, les élus locaux ont été ignorés. On se préoccupe de leur avis deux jours avant le vote, sans aucune information sur les conséquences de la réforme sur les communes et intercommunalités. »

Une « pression » sur les élus locaux ?

Sotto voce, plusieurs élus confient avoir pris ombrage de cette initiative. La méthode interroge également le député LR de Haute-Corse, François-Xavier Ceccoli. Sur le réseau social X, celui qui défend avant tout une consultation des Corses sur le projet d’autonomie raille une « drôle de conception de la démocratie » et s’inquiète d’une « pression » sur les élus locaux.

Si le sujet se tend déjà sur les réseaux sociaux, alimenté par des opposants au projet d’autonomie, l’association des maires de Haute-Corse a pris la mesure de la polémique et a rectifié le tir ce dimanche via un nouveau courriel, précisant que « seules les personnes ayant exprimé leur souhait de cosigner ce courrier figureront parmi les signataires. »

Contacté ce dimanche, le président, Don-Marc Albertini, n’hésite pas à reconnaître « une maladresse sur le principe d’un accord tacite, qui avait été initialement privilégié en raison des délais contraints. Ce point, qui a pu créer des crispations, a été rectifié, pour demander aux maires de signifier formellement leur accord. »

« Donner aux maires l’occasion de s’exprimer »

Le premier magistrat de Ghisoni l’assure : la méthode choisie au départ avait été dictée par « l’urgence » de la situation, et non par une volonté de forcer la main aux élus locaux sur ce sujet politiquement très sensible. « Il s’agit simplement de bénéficier, à la veille du vote, d’un appui supplémentaire pour ce projet de loi, important pour l’avenir de la Corse, précise-t-il. Ce n’est pas non plus un soutien à l’exécutif, qui défend ce texte, mais une démarche qui s’inscrit dans le prolongement du vote très majoritaire de l’Assemblée de Corse sur l’autonomie, en juillet 2023, et donne aux maires l’occasion de s’exprimer. »

En Corse-du-Sud, cette initiative a également été rectifiée. Le président de l’association des maires, Jean-Jacques Ciccolini, n’a toutefois pu être joint ce dimanche.

Reste à savoir désormais, parmi les 360 maires de l’île, combien se manifesteront en soutien au projet de loi d’ici ce lundi matin.

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