Le Syndicat des boissons sans alcool (SBSA), qui compte parmi ses membres Coca-Cola, Orangina, PepsiCo, Red Bull, Tropicana, Lorina ou Nestlé Waters, a indiqué ce mardi 30 juin à l’AFP être « très impliqué et en soutien » du projet gouvernemental de consigne pour recyclage des bouteilles plastiques.
Le gouvernement peut au moins compter sur eux. Ce mardi 30 juin, le Syndicat des boissons sans alcool (SBSA), qui compte parmi ses membres Coca-Cola, Orangina, PepsiCo, Red Bull, Tropicana, Lorina ou Nestlé Waters, a indiqué à l’AFP être « très impliqué et en soutien » du projet gouvernemental de consigne pour recyclage des bouteilles plastiques.
Les vendeurs des bouteilles destinées à devenir des déchets plastiques sont « pleinement engagés dans la démarche de coconstruction » de cette consigne, très critiquée par des représentants d’élus locaux, a expliqué Inès Boulant, directrice générale de l’organisation professionnelle.
Le gouvernement a relancé fin mai un projet de consigne des bouteilles en plastique à destination de recyclage, à l’initiative d’Emmanuel Macron. Une réunion de concertation se tenait mardi, organisée par le ministère de la Transition écologique.
Ces consignes ne sont pas dédiées au réemploi
Mais plusieurs associations d’élus locaux, rejointes par des associations environnementales et professionnelles, qui s’étaient déjà mobilisées en 2023, sont de nouveau montées au créneau pour protester contre un projet qualifié de « greenwashing », ou écoblanchiment.
Ils contestent jusqu’à l’emploi du terme de « consigne » car le projet ne prévoit pas de réemployer les bouteilles en plastique collectées, mais de les recycler. Une option moins vertueuse du point de vue environnemental et également contestée par les ONG de défense de l’environnement, comme FNE, Zero Waste France, le Cercle national du recyclage ou encore l’association professionnelle des entreprises du recyclage et du réemploi Federrec, qui ont tenu un point presse commun mardi.
« Ce n’est pas un système de consigne pour réemploi », qui permettrait de réutiliser des bouteilles déjà produites, « mais un système qui va permettre aux industriels de récupérer ces bouteilles pour produire encore plus de plastique », a estimé Axèle Gibert, de France Nature Environnement (FNE).
Vice-président de l’association des maires de France (AMF), Jean-François Vigier avait averti lundi que les élus locaux étaient prêts au « bras de fer » contre ce projet. Avec plusieurs représentants de syndicats franciliens de gestion des déchets, ils avaient agité la menace de « suspendre le paiement de la TGAP », la taxe générale sur les activités polluantes, si le gouvernement décidait de persévérer dans son projet de consigne pour recyclage des bouteilles en plastique.
Ce mardi, les élus ont quitté une réunion sur le sujet organisée par le ministère de la Transition écologique.
« Nous ne nous laisserons pas faire contre cette absurdité », a martelé Jean-François Vigier, maire de Bures-sur-Yvette (Essonne) et également président du Syndicat mixte des ordures ménagères (Siom) qui gère les déchets de 21 communes du sud de Paris.
Les élus locaux, qui craignent de voir 400 millions d’euros de recettes liées à la revente des matériaux à recycler transférés aux grands industriels, ont indiqué s’en remettre au Premier ministre Sébastien Lecornu et à sa qualité d’élu local en Normandie, espérant que cela lui permettra de « prendre la mesure du problème ».
Seules 58,4% des bouteilles en plastique recyclées en 2024
De son côté, Inès Boulant a estimé que la réunion de mardi avait été « très complète » et avait « permis de rentrer dans le fond des sujets à arbitrer dans les semaines et mois à venir ». À ses yeux, il faut « deux ans de préparation pour mettre en oeuvre un système de consigne ».
Elle indique qu’un décret sur le sujet doit être présenté par le gouvernement à horizon mars 2027 et qu’il s’agit d’ici là « d’arriver à un dispositif qui soit efficace, efficient et simple d’utilisation ». Interrogée sur le départ d’associations de la concertation, Inès Boulant a indiqué espérer « qu’elles reviendront dans les prochaines semaines ».
« On y a tous intérêt collectivement parce que la consigne va être obligatoire » en vertu d’un règlement européen.
Elle a confirmé que la mise en place du dispositif coûterait « à peu près 1 milliard d’euros » aux metteurs en marché. Les associations de collectivités estiment que les vendeurs de soda répercuteront cette somme sur les consommateurs.
Le ministre délégué chargé de la Transition écologique, Mathieu Lefèvre, a déclaré sur X mardi regretter « le choix fait par les associations de représentants d’élus de ne pas accepter la concertation que propose le gouvernement », appelant au « dialogue ».
Il a précisé que « le taux de collecte et de recyclage des bouteilles en plastique et des canettes n’était que de 58,4% en 2024, contre un objectif de 90% », ajoutant que « la mise en oeuvre de la consigne pour recyclage sera obligatoire au 1er janvier 2029 », si cet objectif n’est pas atteint.
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