22 %. C’est le niveau de confiance que les Français accordent, aujourd’hui, à la politique en général (Cevipof, février 2026). Le plus bas jamais enregistré depuis la création de cette enquête, en 2009. Dans le même temps, 60 % des Français font confiance à leurs maires. Le paradoxe mérite qu’on s’y arrête : plus la défiance envers les institutions nationales s’installe, plus la demande de compétence et de rigueur se fait pressante. Faut-il attendre un nouvel accident industriel, climatique ou démocratique pour se décider enfin à former sérieusement celles et ceux qui nous gouvernent ?

Décider dans la complexité
Comprendre le monde, c’est savoir en lire la complexité sans en réduire aucune facette. Pour un élu, comme pour ceux qui l’accompagnent au quotidien, décider ne se résume jamais à trancher : il faut anticiper, concerter, évaluer, parfois échouer ou contrarier. Aucune politique publique ne peut plus s’écrire sans une compréhension fine des systèmes qu’elle entend piloter. À cette complexité s’en ajoute une nouvelle : celle des technologies qui recomposent l’espace démocratique lui-même. Elles appellent une demande d’encadrement que seuls des responsables politiques eux-mêmes formés à ces enjeux peuvent construire de manière crédible.
Le doute scientifique comme boussole
Il ne s’agit pas ici de plaider pour un gouvernement des experts. Il s’agit d’armer les décideurs d’une méthode : distinguer le certain de l’incertain, le fait de l’opinion. Et cela passe par la formation. C’est ce pari qu’ont fait Sciences Po Rennes et l’École normale supérieure de Rennes en lançant un MBA pour cadres « métiers du politique », qui met les sciences au service de la formation des élus et de leurs équipes. Mais cette initiative ne suffira pas si elle ne s’adresse qu’aux seuls élus. Un élu ne décide jamais seul : il s’appuie sur des collaborateurs qui rédigent les notes, arbitrent les dossiers techniques, négocient et traduisent une orientation politique en action publique concrète.

Ce sont souvent les premiers confrontés à la complexité scientifique et technique. Or ces personnels politiques échappent largement aux dispositifs de formation pensés pour les élus. Résultat : notre effort collectif de formation présente un angle mort, précisément là où se joue une part de la qualité de la décision publique. Il faut donc changer d’échelle : penser la formation scientifique et méthodologique comme une exigence. Cela suppose d’articuler les dispositifs existants, de mutualiser les moyens à l’échelle des sites universitaires et d’assumer une politique nationale de formation continue des cadres publics à la hauteur des enjeux du siècle.
La vitalité démocratique se joue aussi dans le débat
Cette exigence de précision ne concerne pas seulement la fabrique discrète des politiques publiques. Elle concerne aussi la vitalité du débat démocratique. À un an de l’élection présidentielle, les campagnes qui s’annoncent seront un test de notre capacité collective à débattre avec rigueur. Or une démocratie ne peut rester vivante si le débat renonce à l’exactitude. La précision scientifique n’est pas affaire de spécialistes : c’est un devoir politique et un devoir civique et il est temps de nous en donner collectivement les moyens — avant l’échéance, plutôt qu’après.
Nous sommes heureux de vous relayer cet article sur la formation des élus. Parce que l’exercice d’un mandat nécessite des compétences variées et en constante évolution, la formation des élus est un enjeu essentiel pour une action publique efficace. L’organisme formation-des-elus.cdcl.fr, créé et géré par des élus au service des élus, propose des formations adaptées aux réalités du terrain. En tant qu’association, notre mission est d’accompagner les élus en leur offrant des contenus de qualité, dispensés par les meilleurs experts, afin de leur permettre d’exercer leurs responsabilités avec assurance et compétence.
