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Face aux élus locaux, les candidats se prononcent en faveur de la …

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Nouvel oral pour les candidats à l’élection présidentielle. Après l’émission « La France face à la guerre » qui a réuni les huit candidats principaux à l’Elysée lundi soir sur TF1, ils étaient cette fois tous conviés mardi 15 mars devant les trois principales associations d’élus locaux sur le thème de la décentralisation. L’Association des maires de France (AMF), l’Association des départements de France (ADF) et les Régions de France, toutes trois regroupées sous la bannière de « Territoires unis », ont ainsi reçu Fabien Roussel (Parti communiste français), Jean Lassalle (Résistons !), Marine Le Pen (Rassemblement national), Philippe Poutou (Nouveau Parti anticapitaliste), Anne Hidalgo (Parti socialiste), Nathalie Arthaud (Lutte ouvrière), Valérie Pécresse (Les Républicains), Yannick Jadot (Europe Ecologie-Les Verts), Nicolas Dupont-Aignan (Debout la France) et Jean-Luc Mélenchon (La France insoumise).

Emmanuel Macron (La République en marche) et Eric Zemmour (Reconquête !) n’ont pas répondu favorablement à l’invitation. « Les candidats qui ont décidé de venir ont eu raison, ce qui veut dire que les autres ont eu tort », a déclaré David Lisnard (Les Républicains, LR), maire de Cannes et président de l’AMF. M. Zemmour a « annulé sa participation lundi soir », selon les organisateurs.

Philippe Poutou comprend que « ça pète un peu en Corse »

Sur les dix candidats auditionnés, la plupart se sont montrés favorables à une plus forte décentralisation par rapport aux cinq années passées. Philippe Poutou (NPA) a ainsi proposé des « structures de démocratie directe » au niveau local. « Ça ne serait pas compliqué quand même de faire confiance à la population et aux habitants », a-t-il fait valoir, avant d’ajouter : « Si ce n’est pas possible à l’échelle locale, comment ça pourrait être envisagé à une échelle plus large ? »

Le candidat a, enfin, tenu à évoquer la situation en Corse et à faire connaître « sa solidarité », jugeant légitime « la révolte » des manifestants, alors que des heurts avec la police ont eu lieu dimanche et que la tension demeure sur l’île. « On est pour le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes (…), la reconnaissance d’un statut, d’une langue, d’une culture (…). Ça pète en Corse, car il y a eu un déni de démocratie et heureusement que cela pète à des moments parce que c’est comme ça que l’on fait avancer les choses », a affirmé le candidat.

« Je suis, pour ma part, profondément attachée au modèle localiste », a expliqué Mme Le Pen. Si elle est élue, elle a promis de ne pas mettre en œuvre « une énième loi de réforme complète des collectivités territoriales », mais une « politique de rééquilibrage des territoires » prenant la forme d’une « démétropolisation », par des « incitations fiscales » et la « construction d’infrastructures, qu’elles soient numériques ou de transports ». La candidate a aussi évoqué la possibilité d’un rapprochement entre régions et départements dans un conseil territorial.

Nicolas Dupont-Aignan favorable à la suppression des intercommunalités

Valérie Pécresse (LR) a pu exposer l’une des mesures importantes de son programme : la baisse de 150 000 fonctionnaires dans « l’administration administrante ». « Je veux débureaucratiser », a-t-elle commencé, en répétant son ambition de « diviser par deux le temps de toutes les procédures administratives ». Second axe de son projet : un programme de « décentralisation » pour notamment permettre aux collectivités territoriales « d’adapter les règlements nationaux » dans le cadre de contrats signés avec les préfectures. « Je veux que les maires retrouvent le pouvoir de dessiner leur ville », a ensuite dit Mme Pécresse, qui demanderait la suppression de la loi solidarité et renouvellement urbains (SRU) – qui impose notamment une part minimale de logements sociaux dans 2 111 communes de France – et son remplacement par de « véritables contrats de mixité sociale », un dispositif déjà mentionné lors des discussions sur la loi « 3DS », adoptée en février par le Parlement.

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A rebours des discours avant lui, le candidat du parti Debout la France, Nicolas Dupont-Aignan, a commencé son intervention par un plaidoyer contre les intercommunalités, dont le modèle est désormais rendu obligatoire par la loi. Il considère que les communes « sont en train de mourir d’asphyxie par les intercommunalités, trop grandes, trop boulimiques, trop antidémocratiques ». M. Dupont-Aignan se prononce pour une suppression des agences régionales de santé (ARS) au profit d’un retour d’antennes départementales du ministère de la santé, en lien avec le conseil départemental, qui « connaissaient le territoire », selon lui.

L’absence d’Emmanuel Macron critiquée

Le président de l’ADF, François Sauvadet (Union des démocrates indépendants, UDI), a interpellé directement l’absent Emmanuel Macron en début de journée : « Le président de la République est en Maine-et-Loire cet après-midi. J’aurais aimé qu’il soit parmi nous pour répondre à nos questions comme les autres », a-t-il affirmé, assurant que la France a « plus que jamais besoin d’un débat démocratique ».

La charge la plus virulente contre l’absence de M. Macron a été portée par le vice-président socialiste de l’AMF, André Laignel, qui a qualifié le quinquennat de « calamiteux » pour les collectivités. « Il est quand même curieux que celui qui s’est tourné vers les maires [lors de la crise des « gilets jaunes »] n’ait pas aujourd’hui daigné venir devant les maires à la fois pour rendre compte de ce quinquennat et de la manière dont il a considéré ou pas la démocratie locale », a-t-il déploré. « Non décidément, ce n’est pas un comportement très républicain », a ajouté le maire d’Issoudun (Indre).

Le Monde

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