
L’Association des Maires de France (AMF) a partagé un communiqué de presse ce mardi 22 avril 2025 pour dénoncer les coûts trop élevés à l’entretien des routes pour les municipalités de France. Au Pays Basque, ce sont surtout les communes de l’intérieur qui sont impactées.
Chemin effondré, asphalte emporté, canalisation béante sur plusieurs mètres… Voici les réalités du quotidien des riverains d’Arbonne depuis un an et demi. En parallèle, l’AMF dénonce un entretien des routes qui revient beaucoup trop cher. Selon l’étude du bulletin d’informations statistiques datant de février 2025, plus un département est rural, plus les coûts sont élevés,
Du côté de Irissarry, le maire, Xavier Lacoste, explique devoir faire des choix : « Tout réaliser, nous reviendrait à 250 000 euros. C’est l’équivalent de notre budget annuel. Donc ce sont soit les routes, soit rien… Il y a des choix à faire et on essaye de faire en conséquence. » Avec les intempéries de plus en plus courantes et intenses, il reconnait que les travaux de réfection sont importants. Si l’État subventionne, le Conseil départemental n’a pas aidé depuis ces deux dernières années. Toujours d’après l’étude menée par la DGCL (Direction générale des collectivités locales), les dépenses de voirie par kilomètre et par habitant s’élevaient à 25 000 euros, en 2023, dans les Pyrénées-Atlantiques.
De son côté, Béatrice (prénom d’emprunt), pointe du doigt la mauvaise communication de la municipalité quant à l’éboulement du chemin d’Alotz Errota, à Arbonne. « On a envoyé des courriers… sans réponse. Même s’il y a eu tout un temps entre la mairie, les assurances, etc. Leur réponse n’est pas à la hauteur de nos espérances », confie-t-elle. Pour le moment, le chemin est fermé et une déviation est proposée. Mais celle-ci est jugée dangereuse : « On ne peut pas passer à deux voitures. Quand il y a un tracteur, c’est problématique, même quand il y a des vélos… Dernièrement, ils nous ont laissé comprendre que la mairie ne referait pas la route », conclut-elle.
Une ampleur nationale
L’Association des Maires de France estime le coût global d’entretien des routes à 15 milliards d’euros par an pour les communes. Elle propose de rétablir un modèle financier. Par exemple, réorienter une part des recettes générées par l’utilisation de la route vers les collectivités qui l’entretiennent au quotidien ; mobiliser les opérateurs nationaux qui utilisent ce réseau routier (concessionnaires d’électricité, de gaz ou de téléphonie) ; ou encore pour une politique de transports qui permette le désenclavement, rouvrir l’accès à la compétence de mobilité pour les intercommunalités sur une base volontaire.
Les dépenses de voirie par habitant sont plus élevées dans les communes de moins de 250 000 habitants. Au Pays Basque, ses travaux sont pourtant nécessaires pour accueillir une gentrification de plus en plus conséquente. Un fort niveau de construction de logement entraîne une forte hausse des dépenses de voirie. Cette alarme lancée par l’Association des Maires de France survient quelques jours avant la conférence sur le financement mobilité qui se déroule à Marseille le 5 mai.
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