
Six médecins, bientôt sept -ce qui fera trois installations en un an- des kinés, dentistes, infirmières et même une sage-femme dont les consultations explosent. Et des algecos parce que deux ans et demi après l’ouverture, il faut déjà pousser les murs. Le Dr Gaschet ne se serait pas installée seule. « Ici il y a une assistante médicale, un logiciel de prise de rendez-vous géré par l’intelligence artificielle, un cabinet dynamique. Quand je suis en vacances, si je n’ai pas trouvé de remplaçants, je sais que mes patients ne seront pas seuls. Mes collègues peuvent prendre le relais. »
Faut-il contraindre les médecins ?
« Cette réussite est le fruit de la rencontre entre la volonté d’élus locaux et une équipe de santé qui relève le défi », analyse Gérard Larcher. Et une équipe jeune puisque le Dr Laidet, l’une des pionnières de la maison de santé, accueille des internes depuis 2006. Qui pour certains restent. Une clé de la lutte contre la désertification. Le président du Sénat place d’ailleurs de grands espoirs dans « la mise en place de la quatrième année d’internat de médecine générale à effectuer dans des zones sous-denses », mesure « votée en 2023 et qui devrait se mettre en place ».
Alors que l’article 1 de la proposition de loi du député Guillaume Garot (PS), prévoyant de réguler l’installation des médecins, a été adopté à l’Assemblée, Gérard Larcher met en garde contre trop de coercition. « L’idée ce n’est pas de montrer les muscles et qu’il n’y ait plus rien derrière. »
Après une rencontre avec des agriculteurs et viticulteurs, le président avait fort à faire pour rassurer les élus locaux, réunis à Champniers, nombreux à avoir le spleen à un an des municipales. Finances, agressivité des administrés, absence d’un réel statut, etc., « depuis 2020, on recense en Charente 800 démissions d’élus et trente élections partielles », s’inquiète François Bonneau.
« La majorité des maires de communes de plus de 9000 habitants ont envie de repartir mais ceux des petites communes de moins de 500 habitants beaucoup moins. Ils sont de moins en moins compréhensifs sur cette forme de bénévolat », constate Gérard Larcher, soulignant la perte d’autonomie fiscale. Il a redit qu’avec 3305 milliards de dette et 169 milliards de déficit public, le prochain budget devra « poser la question du niveau de dépense publique pour la rendre plus efficace ». Mais que des propositions seront faites dès le moins de juin.
Crise au Département : « Je fais confiance aux élus »
Il en a entendu parler toute la journée, de la crise politique au Département, après le rejet du budget. Michaël Laville, maire de Champniers, ne s’est pas privé de préciser que « cette situation ne grandira personne et risque de créer une crise des vocations ». « Je fais confiance aux élus pour trouver une bonne sortie, répond Gérard Larcher, qui a aussi rencontré Philippe Bouty, président du Département. Ce n’est pas satisfaisant pour les élus de voir que le préfet se substitue à eux. » Il rappelle aussi qu’il existe « un article du code général des collectivités territoriales qui permet de dissoudre le Département. » Du jamais-vu dans la Ve République.
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