, « Officialisez la mise en vente de Condat » : les salariés et les élus interpellent Lecta

« Officialisez la mise en vente de Condat » : les salariés et les élus interpellent Lecta

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« Mesdames, messieurs les actionnaires, nous, organisations syndicales du site de Condat, élus locaux, ainsi que les salariés qui chaque jour font tourner l’usine, nous nous adressons à vous avec gravité et détermination. »

« En effet, malgré les nombreux investissements significatifs ayant doté notre usine d’un outil moderne et compétitif avec la modernisation de la machine PM8, un investissement d’environ 100 millions d’euros, dont 19 M€ de prêt régional (2), et la mise en service d’une chaudière CSR en 2024 (environ 50 M€ dont 14 M€ de subventions de l’Ademe), le redressement attendu ne s’est pas matérialisé, pire, notre situation économique et financière est aujourd’hui extrêmement inquiétante. »

« Une mort certaine »

« Ces équipements qui constituent un capital industriel précieux n’ont pas été accompagnés d’une organisation commerciale, d’un plan marketing et d’une stratégie industrielle cohérents permettant de valoriser pleinement cette capacité et cela condamne aujourd’hui Condat à une mort certaine si rien n’est fait. »

« En effet, la situation est aujourd’hui intenable et exige une décision politique de votre part. Plusieurs décisions récentes et faits concrets sont lourds de sens et alimentent une crainte fondée de l’abandon de Condat par le groupe, faisant craindre une issue judiciaire brutale : le transfert du siège social sur le site de Condat (Dordogne) ; la démission du président de Condat, qui demeure cependant dans les fonctions financières du groupe ; la réduction effective de l’activité à un rythme dégradé de 20 jours par mois faute de cash pour acheter la matière première ; l’absence de présentation d’un plan stratégique porté par le groupe pour redresser l’exploitation du site (investissement, commercial, recherche et développement, marketing…) ; l’absence d’une force de vente dédiée à la glassine produite par Condat et le maintien d’une organisation commerciale interne qui ne vend que les produits du groupe ; l’inaction sur des marchés à fort potentiel (notamment contact alimentaire) alors même que l’outil est moderne et compétitif ; la cession de nos deux filiales au groupe, alors même qu’une d’elles détient les commerciaux qui vendent les produits de spécialités. »

« La situation est aujourd’hui intenable et exige une décision politique de votre part »

« Ces éléments, juxtaposés, ne peuvent être considérés comme de simples décisions sans conséquences de gouvernance : ils prennent la forme d’une sortie progressive de Condat du groupe et d’une mise en condition pour une opération juridique (redressement judiciaire pouvant aller jusqu’à la liquidation) avec des conséquences dramatiques.

« L’urgence est réelle »

« Il reste possible d’engager une dynamique de sortie constructive. À ce stade, Condat n’apparaît plus comme un élément central des plans stratégiques du groupe, et sa consommation mensuelle de trésorerie alourdit la situation financière globale. Les derniers chiffres sont sans équivoque : le groupe a consommé 16 M€ de cash au deuxième trimestre 2025, et rien n’indique un renversement rapide de cette tendance. Compte tenu d’un endettement du groupe aujourd’hui voisin de 550 M€, l’urgence est réelle : une décision rapide et positive sur l’avenir de Condat est nécessaire pour éviter une dégradation irréversible pour Condat mais aussi dans l’intérêt du groupe.

« Pour toutes ces raisons et dans l’intérêt des salariés, des territoires et, in fine, des actionnaires eux-mêmes, nous demandons solennellement aux actionnaires de prendre les décisions suivantes, sans délai. »

  • « 1. Officialiser la mise en vente de Condat et lancer immédiatement une procédure de cession encadrée, transparente et accompagnée. Nommer un conseil financier indépendant pour piloter et valoriser la cession. Ouvrir un calendrier publié de recherche d’acquéreurs industriels ou financiers sérieux, en privilégiant les candidats présentant des plans industriels et sociaux crédibles. »
  • « 2. Garder l’outil intact et ne prendre aucune mesure qui dépouillerait le site de ses fonctions clés (back-offices, contrats) pendant la période de cession. Aucune opération d’externalisation, transferts d’actifs ou reconfiguration juridique destinée à diminuer la valeur opérationnelle du site ne doit être menée. »

« Pourquoi cette décision est-elle la plus responsable pour vous, actionnaires, aujourd’hui ? »

  • « Parce qu’elle préserve la valeur industrielle d’un actif dont une partie a été financée par des aides publiques ; une cession organisée valorisera potentiellement mieux ces investissements qu’une cession contrainte ou une liquidation.
  • « Parce qu’elle réduit le risque réputationnel et social d’une liquidation ou d’une reprise judiciaire qui ferait porter le coût social sur la collectivité.
  • « Parce qu’elle allège la pression sur la trésorerie du groupe puis permet à Lecta de se recentrer sur ce qui reste stratégique pour lui, sans traîner un actif coûteux et mal intégré.
  • « Parce qu’elle donne au site la meilleure chance de survivre et de se développer sous une direction dédiée, à la fois industrielle et commerciale. »

« Nous ne nions pas les efforts et les investissements réalisés, ils sont bien réels. Mais la réalité commerciale et organisationnelle démontre que l’acquisition d’équipements ne suffit pas : il faut une stratégie commerciale, un marketing ciblé, une force de vente dédiée, et un projet industriel cohérent. Le groupe n’a pas su, jusqu’à présent, transformer l’investissement en performance durable. Les salariés et les territoires en payent le prix. »

« Il est encore temps d’agir »

« Nous vous demandons donc, actionnaires, de choisir la voie responsable : lancer et accompagner la cession de Condat, dans les meilleures conditions possibles, pour sauver l’emploi, préserver la capacité productive et limiter le recours à des solutions judiciaires coûteuses et brutales socialement. »

« Faute d’une décision claire et assumée de votre part, le risque est que la situation se termine par un nouveau drame social et industriel et que la responsabilité morale retombe sur vous. Il est encore temps d’agir. Dans l’intérêt des salariés, de la communauté locale, de la région et de la valeur à long terme de vos actifs, nous vous prions d’agir immédiatement. »

(1) La lettre est cosignée par le président de la Région Nouvelle-Aquitaine Alain Rousset, le président du Conseil départemental de la Dordogne Germinal Peiro, les sénateurs Serge Mérillou et Marie-Claude Varaillas, le député Sébastien Peytavie, le président de la Communauté de communes Dominique Bousquet, la maire du Lardin et conseillère départementale Francine Bourra et le maire de Condat Stéphane Roudier.

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