Déserts médicaux : « La santé est un des sujets primordiaux pour les maires » assure l’Association des maires du Loiret

, Déserts médicaux : « La santé est un des sujets primordiaux pour les maires » assure l’Association des maires du Loiret

Le Loiret parmi les 10 départements où les habitants sont les moins satisfaits de l’offre de soin : résultat de l’enquête de l’institut Odoxa pour ICI. Un domaine hors des attributions des maires, mais les élus multiplient les initiatives pour lutter contre les déserts médicaux.

À quelques mois des élections municipales de mars 2026,  vis-à-vis de leur maire et de leur commune. Deuxième volet, ce mercredi 12 novembre, consacré à la santé. Et les résultats dans le Loiret sont sans appel : le département est  chez un médecin généraliste.Face à ce constat, que peuvent faire les maires ? Valérie Martin, la vice-présidente de l’Association des Maires du Loiret, était l’invitée d’ICI Orléans pour en parler.ICI Orléans : Quelles sont les compétences des maires en matière de santé dans leurs communes ?Valérie Martin : Nous n’avons aucune compétence en matière médicale, mais devant la pression de nos administrés qui sont très inquiets, et de nous-mêmes finalement, nous nous sommes saisis de cette problématique, tout autant que le département, que la région. On essaye de faire au mieux pourr que nos habitants puissent être soignés. C’est devenu un des sujets primordiaux de nos compétences.Chaque maire y va de son initiative ; quelles sont les solutions les plus utilisées dans le Loiret ?L’installation de cabines de téléconsultations [en pharmacie ou directement dans la mairie, , ndlr], la création de centres de santé pour accueillir des médecins salariés. Le dispositif Médecins Solidaires aussi, dont les habitants de l’est du Loiret peuvent bénéficier car il est installé dans l’Yonne, mais il arrive dans le Loiret. 
Mais tout ça à un coût, soit les communes s’en saisissent, soit les communautés de commune.Ça peut même créer des tensions entre les communes ?Effectivement, on arrive même à se faire de la concurrence entre nous. On essaye éthiquement de ne pas aller débaucher les médecins qui sont dans les communes environnantes, mais ce sont plutôt eux qui nous sollicitent finalement, puisque dans certains territoires, on apporte plus que dans celui d’à côté, donc ils vont là où c’est plus intéressant pour eux, ce qui peut s’entendre aussi.

Est-ce que les maires ont un sentiment d’abandon de la part des autorités compétentes en la matière ?Abandon peut-être pas, mais disons que la problématique n’est pas récente, on le sait bien Ça fait 10 ou 15 ans que certains ont alerté sur la nécessité d’ouvrir, par exemple, le numérus clausus [pour les fac ultésde médecine]. Pour l’instant on sait bien que la fac étant initialement à Tours, ils restent proches de la région tourangelle, donc ils ne viennent pas s’installer dans le Loiret, malheureusement on le déplore, malgré toutes les aides qui ont été mises en place par le département, la région, et par nous-mêmes maintenant, on en vient à se saisir de cette problématique.Dans quelques années, des médecins sortiront de la fac de médecin d’Orléans, on peut espérer qu’ils vont en partie rester dans le Loiret, c’est un motif d’espoir pour les maires ?Effectivement on peut l’espérer et nous on va tout faire pour qu’on puisse les accueillir dans les meilleures conditions possibles, c’est-à-dire leur mettre à disposition un logement, alors tout ça ce sont des coûts supplémentaires, mais ça se prépare, ça s’anticipe, c’est ce qu’on est en train de faire pour qu’ils aient envie de rester. Il fait très bon vivre dans le Loiret, nous on le sait bien, maintenant c’est à eux qu’il faut donner cette envie-là.Dans notre sondage fait par le réseau ici avec Odoxa, près de la moitié des habitants du centre Val-de-Loire ne font pas confiance à leur maire pour améliorer l’accès à la santé, qu’est-ce que ça vous inspire ? Est-ce que pour vous, ça peut être aussi un motif d’abandon de la part d’une partie des maires, qui vont dire  » je ne vais pas repartir parce que je n’ai pas la confiance de mes administrés pour quelque chose qui ne fait pas partie de mes compétences » ?C’est difficile de répondre à cette question, effectivement, c’est une problématique dont on s’est saisi, donc forcément ça va impacter les futures élections. Mais j’ose espérer que les administrés n’attendent pas que ça de nous, dans nos communes, il y a bien d’autres sujets sur lesquels on doit travailler, il y a encore beaucoup de choses à faire dans nos communes. Mais effectivement, ça sera un enjeu.