Taux de confiance, priorité pour 2026, engagement… Ce que révèle une étude sur les maires de France

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« Foutez-nous la paix !  » C’est l’appel de David Lisnard adressé au gouvernement. La nouveauté? Le maire de Cannes (Nouvelle énergie) et président de l’Association des maires de France (AMF) s’appuie sur les résultats d’une nouvelle étude détaillant le regard des citoyens sur les élus locaux. Pour cerner les attentes à l’approche des municipales de 2026, comprendre le contexte socio-économique local et déterminer les liens de confiance, l’institut Ifop a sondé (comme en 2019 et 2021) plus de 6.000 personnes, du 16 au 23 juin. Et vient de dévoiler son analyse.

Premier enseignement: malgré une légère baisse, le maire est toujours la figure politique en qui les Français ont le plus confiance (69%), devant le président de leur intercommunalité (55%), leur député (42%) ou leur sénateur (39%). L’écart est encore plus net comparé à la confiance qu’ils portent au président de la République (23%, contre 41% en 2021) et au Premier ministre ainsi qu’à son gouvernement (22%, contre 40% en 2021).

« Quand on se compare au national, on fait plus que se consoler, ironise André Laignel, maire PS d’Issoudun (Indre) et vice-président de l’AMF. Je n’ai pas le temps d’écrire un bouquin pour les nuls mais il mériterait d’être envoyé au Premier ministre« . À noter des différences en fonction de la taille de la ville. Pour les communes de moins de 1.000 habitants, le taux de confiance grimpe à 75%. Pour celle de plus de 100.000 habitants comme Toulon ou Nice, il n’est que de 53%.

Honnêteté et promesses

Pour garantir ce climat de confiance, l’étude de l’Ifop montre que l’honnêteté (61%) et les promesses tenues (50%) sont les critères les plus importants. Loin devant la bonne connaissance des dossiers (34%). Sur ce dernier point, on remarque que les électeurs du centre et de la droite y accordent presque deux fois plus d’importance que les partisans de La France insoumise ou du Rassemblement national. « Il vaut mieux un maire honnête et qui tient ses promesses, qu’un maire technicien, résume Martial Foucault, professeur des universités à Sciences Po et chercheur au Cevipof. Ça peut en rassurer certains par rapport à une matière qui s’est complexifiée. » Peu importe également qu’il soit entreprenant (13%) ou qu’il soit de la même sensibilité politique que les sondés (9%).

Autre raison de réjouissance pour les cadres de l’AMF, le bilan municipal est perçu par trois quarts des citoyens comme étant bon ou excellent. Avec là aussi, un écart entre les petites villes (78%) et les grandes (60%). Sur le plan qualitatif, ce sont les réalisations importantes qui sont plébiscitées et les projets pour l’avenir de la commune avant la présence sur le terrain. « La réalisation, c’est visible et compris, souligne Martial Foucault. On attribue au maire cette réalisation. C’est un élément essentiel de la dynamique du vote. »

L’environnent relayé au second plan

Côté attentes, la sécurité et la tranquillité publique dépassent la préservation de l’environnement, le maintien des services de proximité ou encore la création d’emplois qui étaient les principales priorités six ans plus tôt. D’après le panel de l’Ifop, ils sont ainsi 87% à avoir le sentiment que la violence a augmenté dans la société française et 47% à avoir cette même perception concernant leur lieu de résidence.

Parmi les éléments qui joueront un rôle dans le choix de vote aux prochaines municipales, trois critères apparaissent déterminants: le programme, le bilan de l’équipe sortante et la personnalité des candidats. Pour 44% des sondés, leur opinion à l’égard de la politique d’Emmanuel Macron et de François Bayrou sera également un point important. Surtout dans les plus grandes villes (53%). Alors qu’ils sont 73% a considéré que leur ville est bien gérée, 58% veulent que leur maire sortant se représente et soit réélu (stable par rapport à 2019). Sachant que « 7% des maires sortants qui souhaitent rempiler sont battus, en général », précise Martial Foucault.

Dernier aspect soulevé dans cette présentation, l’engagement pour lequel les Français sont prêts à consacrer du temps: 24% seraient partants pour s’investir dans le conseil municipal de leur commune, autant que pour une association sportive. Dans le détail, ils sont deux fois plus nombreux dans les petites villes que dans les grandes. « Il a un potentiel considérable« , souligne le chercheur au Cevipof. C’est donc cette cible, notamment des jeunes et des femmes, qu’a choisi de viser l’AMF en lançant une campagne intitulée « Osez l’engagement ». « C’est un cri du cœur, insiste David Lisnard, entre deux scuds au gouvernement. Nous avons besoin d’engagement local, de renouveler les équipes. »

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