Face au risque de moratoire, tout le monde a retenu son souffle. Entreprises des énergies renouvelables comme élus locaux ont été stupéfaits fin juin quand, à l’Assemblée nationale, les députés de droite et d’extrême droite ont fait passer un amendement pour interrompre le développement du solaire et de l’éolien. Le texte a finalement été balayé la semaine suivante dans un élan pro-renouvelables, en partie insufflé par les collectivités territoriales. Il n’empêche que celles-ci aimeraient un développement plus raisonné, comme le suggérait l’amendement initial.
Exemple au nord de la Nouvelle-Aquitaine où les élus doivent s’accoutumer à la présence massive sur leurs territoires des développeurs. Sur cette plaine du Poitou-Charentes, le soleil donne et le vent souffle tellement qu’une course au foncier à ciel ouvert s’organise. « On fête, entre guillemets, la 100e éolienne sur notre territoire. Ça n’a pas été un choix. Aujourd’hui, on a des extensions rapides des parcs, éoliens comme solaires, sur lesquels on n’arrive plus du tout à affirmer nos positions », explique Gisèle Jean, vice-présidente de la communauté de communes Vienne et Gartempe. L’intercommunalité compte déjà 1 700 hectares de panneaux solaires installés mais ce n’est encore rien : 6 000 hectares de plus sont en projet.
Grappes de projets
Dans les communes voisines, même frénésie. Un ensemble de projets à base de photovoltaïque et de méthanisation se fait jour sur plus de 100 hectares à quelques kilomètres du bourg de Chauvigny, dans la Vienne.
Et pour cause : la région Nouvelle-Aquitaine va accueillir à elle seule 25 % des nouvelles installations de renouvelables d’ici à 2030.
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C’est ici une grande difficulté pour l’acceptation des territoires : les parcs ont tendance à se concentrer à proximité des postes source. « Le développement de l’éolien a été historiquement orienté par rapport au gisement de vent. Pour le solaire, c’est un peu différent puisque son potentiel est plus diffus. L’intérêt économique se trouve dans la distance entre le parc et le poste source. La localisation des postes crée donc des poches d’intérêt. C’est pour ça que des communes font l’objet de multiples demandes. Et on a bien conscience que c’est un problème », explique Maxime Peuziat, responsable du développement régional de Valeco, une entreprise qui regarde de près la Nouvelle-Aquitaine.
Maxime Giraudeau
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