
Le budget 2026, enfin adopté ce lundi 2 février après quatre mois de marathon budgétaire, a beaucoup de mal à passer du côté des maires. Dans un communiqué de presse publié ce mardi, l’Association des maires de France (AMF) l’estime « sans cohérence ni visibilité pour les collectivités locales« .
En première ligne, l’association condamne « sans réserve la reconduction de tous les mécanismes de prélèvements financiers directs par l’État sur les ressources des communes et des intercommunalités« . Et en particulier, le renouvellement du Dilico, un dispositif très critiqué de mise en réserve obligatoire d’une partie des recettes fiscales des collectivités.
Le « Dilico » a pourtant été ramené de 2 milliards dans la copie initiale du gouvernement à 740 millions d’euros dans le budget adopté, dont 250 millions pour les intercommunalités et 140 millions pour les départements. Un prélèvement pour les intercommunalités réalisé, selon l’AMF, « au détriment de leur capacité d’auto-financement donc d’investissement, au moment même où il leur est demandé de faire toujours plus d’efforts pour la transition écologique, les transports, le logement, la santé« . La Métropole de Marseille devra, par exemple, verser 22 millions d’euros à l’État.
« Incohérence économique »
Une ponction sur les intercommunalités qui « aura des conséquences sur les communes qui les composent » et « participe de l’incohérence économique de ce budget qui porte des mesures contraires à l’objectif de réindustrialisation affiché par ailleurs« , blâme l’association. Une inquiétude partagée par George Cristiani, président de l’AMF des Bouches-du-Rhône et maire de Mimet : « Ce prélèvement va forcément retomber sur les 92 communes qui composent la Métropole Aix-Marseille-Provence.«
L’Association des maires de France critique également la décision du gouvernement de diminuer ou baisser certaines dotations. Un budget ainsi marqué par « la multiplication des mesures par lesquelles l’État revient sur les engagements qu’il a pris antérieurement telle que la disparition totale et définitive de la dotation de compensation de la réforme de la taxe professionnelle des communes« .
Un budget qui semble ainsi porter atteinte à la confiance des maires envers le gouvernement Lecornu à porter un nouvel acte de décentralisation. Dans ce contexte, les nouvelles équipes issues des élections municipales de mars prochain « n’auront aucune visibilité de moyen ou long terme sur les intentions et les engagements de l’État à leurs côtés« , regrette l’AMF, assurant que « sans clarification financière, le projet annoncé de nouvelle étape de la décentralisation ne peut être qu’un faux-semblant« .
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