Municipales 2026 : « Je vais enfin récupérer un bout de ma vie », quatre maires sur dix ne se représentent pas

D’après les chiffres de l’association des maires du Doubs, 40 à 45% des maires en poste dans le Doubs ne comptent pas se représenter lors des prochaines élections municipales. La charge de travail et la charge mentale sont les raisons les plus fréquemment avancées par ces élus locaux.

Quatre maires sur dix ne se représenteront pas lors des prochaines élections municipales dans le Doubs. Une tendance exprimée par l’association des maires du Doubs, qui correspond à la moyenne nationale et qui est stable par rapport au dernier scrutin. , ce n’est pas la raison principale qui les pousse à arrêter. Les arguments qui reviennent le plus souvent sont la charge de travail et la charge mentale.

Entre les réunions, la gestion des agents, la préparation des dossiers et les tracas du quotidien, la charge de travail d’un maire dans une petite commune représente souvent plus de 20 heures de travail par semaine. Difficile à mener de front avec une vie active et/ou avec une vie de famille. « Quand on travaille à temps plein c’est compliqué, c’est sûr que quand vous êtes retraité, c’est plus simple » témoigne la maire de Fontain, Catherine Hamelin.Cette femme de 52 ans conjugue son travail à l’université avec son mandat de maire d’une commune de 1.300 habitants, et encore, dit-elle, « j’ai la chance d’avoir de grands enfants qui n’ont plus trop besoin de moi ». Elle sait qu’elle peut s’appuyer sur une bonne équipe municipale , la secrétaire de mairie et les agents techniques très efficaces mais cela ne suffit pas. Être maire, confie-t-elle, « c’est du temps de travail quasi à plein temps et une charge mentale qui va avec au quotidien » .« Quand je prends ma voiture pour aller au travail, je vois un arbre par terre, je me dis il faut que je prévienne les services. Il y a ce problème de voisinage dont on m’a parlé, il faut que je passe constater et trouver une solution, quand vous entendez les nouvelles, on vous annonce une baisse de dotation comment on va faire. Au nouvel an les feux d’artifices, ceux qui les ont tirés dans la commune ont-ils fait attention à la sécurité…. etc. L’autre jour, j’ai vu un drone survoler la commune, c’est interdit il faut que je vérifie » Et ainsi de suite. Catherine Hamelin est intarissable sur ces soucis du quotidien et de tous les instants qui ne la quittent jamais depuis quatre ans. Si elle reconnait que ses quatre années à la tête de la mairie ont été passionnantes, elle avoue qu’elle a hâte d’être au 22 mars pour enfin pouvoir respirer avec cette jolie formule : « Je vais enfin récupérer un bout de ma vie. »

Christophe Mulhauser fait également partie de ces maires qui ne se représentent pas. Dans son village de Busy, il a apprécié, durant son mandat, le contact avec les habitants lors des permanences qui réservaient toujours leur lot de surprises et de paroles bienveillantes. Lui aussi estime que la fonction de maire est chronophage, même s’il reconnait qu’en tant que professeur de physique-chimie dans un lycée, son emploi du temps restait compatible avec la fonction. Christophe Mulhauser arrête surtout parce qu’il veut récupérer du temps pour prendre soin de ses proches, son épouse ses parents et ses beaux-parents.

Dans sa commune de Chalezeule, Christian Magnin-Feyzot est un élu investi depuis plus de 20 ans en tant qu’adjoint puis maire durant deux mandats consécutifs. Il avait prévenu depuis longtemps qu’il n’en briguerait pas un troisième : « Ce n’est pas parce que j’en ai assez, je veux passer la main car quand on arrive à un certain âge on a plus les mêmes idées et les mêmes envies,  je veux laisser la place aux jeunes. »Pour cet élu qui va vers ses 68 ans, ce n’est donc pas tant la charge de travail (il est devenu maire alors qu’il venait de prendre sa retraite) qui le fait arrêter, mais il reconnaît lui aussi qu’être maire peut être difficile à vivre notamment pour l’entourage. Il a une pensée pour son épouse qui a du supporter ses colères rentrées qui ressortaient à la maison. Aujourd’hui Christian Magnin-Feyzot passe la main et garde les bons souvenirs :  « je me couchais tous les soirs moins bête parce que j’avais appris tout un tas de choses et rencontré de belles personnes ». Il part, mais il part satisfait.