
Elle doit à son mandat de conseillère municipale et communautaire d’être un peu connue en pays messin. Six ans à regarder de près comment la politique écrit son quotidien de citoyenne de Solgne, en Moselle. Mariline Thiebaut-Brodier serait même repassée en 2026 si quelques voix n’avaient manqué. Pour autant, elle ne se détourne pas de la chose politique.
« J’ai beaucoup appris et compris les rouages. D’emblée, je peux vous dire que le patriarcat en politique a encore de beaux jours ! Dans un autre couloir, je sais aussi pourquoi les exécutifs restent aux mains des mêmes personnes, pourquoi au sein des oppositions, quand elles existent, et des majorités, les élus sont des machines à valider. Je me souviens encore de mon tout premier conseil : j’ai été fortement déstabilisée. J’ai basculé dans un monde que je ne comprenais pas. » Ce constat l’interpelle, elle qui a pourtant mené de longues études, dirigé une entreprise.
Le constat d’une démocratie en danger
« Je n’étais pas la seule. En adhérant à des associations, j’ai compris que nous étions nombreux dans mon cas. » La bulle Internet fait le reste, met en réseau. « J’ai rencontré Solène Le Monnier, élue dans le Morbihan, Anna Geraci-Kulichenski, élue à Longeville-lès-Metz, et tant d’autres à vivre la même réalité. Dans nos conseils, nous comptions un nombre de démissions d’élus de plus en plus important. Voyez le scrutin de 2026 avec 80 % des maires qui étaient déjà des élus dans leur commune. Nous avons donc observé, établi des statistiques qui nous démontraient à quel point notre démocratie est en danger. J’étais encore élue à Solgne et nous faisions des rapports à Matignon, à l’Élysée, aux parlementaires. Nous avons rapidement été reçus par un conseiller Territoires du Président Macron, il faut croire que nos écrits étaient pertinents. »
Ces lanceurs d’alerte noircissent des pages sur le phénomène démissionnaire des élus, le désengagement, le manque de formation des maires, l’exercice du pouvoir, trop concentré dans les mains d’une seule personne, le statut de l’élu local. La mayonnaise prend et l’Union nationale des élus locaux (Unel) naît de ces constats, soit un réseau formé par près de 4 000 élus.
Un observatoire de la démocratie, aussi
Aujourd’hui, l’Unel poursuit son travail. Mariline Thiebaut-Brodier, cofondatrice, vient d’être confirmée dans son fauteuil de vice-présidente. Solène Le Monnier en reste la présidente. Les rapports de l’Unel gagnent en épaisseur, jusqu’à se faire remarquer dans des commissions, « comme celle du Congrès des pouvoirs locaux et régionaux ou dans des groupes en charge de la Charte européenne de l’autonomie locale », précise la présidente. 500 000 élus locaux dans 36 000 communes françaises… « Ils ne doivent pas rester seuls, nous devons tous avancer ensemble. La confiance des élus et aux électeurs est à restaurer. »
Mais inspirer ne suffit pas. « Nous avons créé, en avril, l’Observatoire de la démocratie locale, pour faire bouger les choses, plus vite ! »
Nous avons le plaisir de vous relayer cet article sur la formation des élus. Se former est une nécessité pour exercer pleinement ses responsabilités et répondre aux défis de l’action publique. C’est dans cet esprit que formation-des-elus.cdcl.fr a été créé : une association fondée et gérée par des élus, dédiée à l’accompagnement et au développement des compétences des représentants locaux. Grâce à des formations animées par des experts reconnus, nous apportons aux élus des outils concrets et adaptés à leurs missions, afin de renforcer l’efficacité et la qualité du service public.
