
Les représentants de l’Association des maires de France (AMF) ont alerté mercredi sur la «situation urgente» des finances publiques qui conduit les gouvernements successifs à ponctionner le budget des collectivités, et appellent à «une approche différente». «Les comptes publics sont dans une situation catastrophique», a alerté lors d’une conférence de presse David Lisnard, président de l’AMF, en amont des discussions sur le prochain projet de loi de finances. «Nous allons tous payer collectivement sept fois plus d’impôts cette année pour les intérêts de la dette de l’État que pour le ministère de la Justice. L’État, en apnée budgétaire, dit soit que les élus locaux sont des gaspilleurs (…) soit qu’il y a de la trésorerie dans les communes (…) et on pioche dans les collectivités», a-t-il ajouté.
La première association d’élus locaux rappelle que la part des collectivités dans la dette publique était de 8% en 2025 contre 10,2% en 1995. «La dégradation des comptes publics ne vient pas des collectivités», a martelé David Lisnard (ex-LR), par ailleurs candidat à l’élection présidentielle. La hausse des dépenses des collectivités s’explique «principalement par toutes les dépenses nouvelles imposées par l’État», comme les «revalorisations indiciaires, l’explosion des cotisations employeurs, les transferts de charges non compensés, la multiplication des normes coûteuses» et l’inflation, a justifié l’AMF.
La «recentralisation» pointée du doigt
Parallèlement, les ressources sont jugées «imprévisibles». «En 2026, malgré une apparente stabilité de la dotation globale de fonctionnement, près de 47% des communes ont vu leur DGF diminuer», souligne l’association. Les crédits alloués au «fonds vert», destiné à financer la transition écologique, sont passés de 2,5 milliards d’euros en 2024 à 837,5 milliards cette année. Or les indicateurs se dégradent: recul de l’épargne, hausse de l’endettement et diminution de la trésorerie du bloc communal, passée de 43,7 milliards d’euros en 2022 à 37,9 milliards en 2025.
«Ce n’est pas en affaiblissant le bloc communal qu’on rétablira les comptes de l’État», rappelle M. Lisnard en appelant à «une approche différente». L’AMF estime que les collectivités ont été mises à contribution à hauteur de 5,3 milliards d’euros en 2026 et que 82 milliards ont été prélevés sur la DGF du bloc communal depuis 2009. «Chaque année, on nous explique que les collectivités vont de mieux en mieux (…) C’est un mensonge», a jugé André Laignel, ex-maire d’Issoudun (Indre) et premier vice-président délégué de l’AMF jusqu’au prochain congrès de l’AMF en novembre.
Les maires dénoncent une recentralisation financière de la part de l’État qui a supprimé des impôts locaux comme la taxe d’habitation pour les remplacer par des dotations, vouées aux aléas des discussions budgétaires annuelles.
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