
Présidente de l’Association des maires ruraux de la Manche depuis le 12 mai 2026, Anne Hébert succède à Hubert Lefèvre qui a assuré cette fonction durant vingt ans.
C’est lui qui l’a invitée à reprendre le flambeau dans un territoire, la Manche, avant tout rural : des 445 communes qui le composent, 427 sont définies comme rurales (moins de 3 500 habitants), soit plus de 90 %.
Une centaine d’adhérents
Pourtant, une centaine de maires seulement adhèrent à l’Association des maires ruraux de la Manche. Une réalité à laquelle la charge de travail qu’ils endossent n’est certainement pas étrangère ; souvent seuls face aux responsabilités et aux nombreux enjeux. Mais il y a un besoin « de partager et de rendre visible nos actions », développe Anne Hébert, maire de Marchésieux et nouvelle présidente de l’AMR 50.
Son élection a été sans surprise, puisqu’elle était la seule candidate. Cette nouvelle responsabilité lui sied bien, elle qui est « fan de la ruralité », engagée pour accompagner le développement de nos campagnes.
Par secteur
Le premier conseil d’administration de la mandature pour l’AMR 50, le 23 juin 2026, a déjà permis de poser les grandes lignes.
Les communes rurales ont à gérer un quotidien et des défis qui leur sont propres. C’est par les échanges, le soutien et la solidarité que l’AMR 50 veut leur apporter plus de poids et de pouvoir.
Je l’ai dit : mon but n’est pas de faire seule, mais de faire avec vous, les élus ruraux. Au sein de l’association, chacun va prendre sa part. J’ai pris l’engagement de venir au plus près, dans un premier temps, et nous allons mettre en place des groupes de secteur pour se répartir les rôles par thématiques et par secteurs géographiques.
Et d’ajouter : « Des sujets ont déjà été recensés, sur lesquels travailler ».
Cinq axes forts
L’organisation des groupes de secteur devrait se mettre en place lors du prochain conseil d’administration, en septembre. « Il y a de nombreux dossiers à traiter, comme les déserts médicaux, mais des thèmes principaux ressortent », explique la présidente des maires ruraux de la Manche.
« La priorité, c’est l’école. Vous savez que la Manche est territoire expérimental pour la construction de la carte scolaire. Plus largement, il faut que l’on se mobilise sur les questions Enfance, jeunesse, parentalité, ruralité. Le second point, c’est le dérèglement climatique, avec la nécessité de préserver les ressources et de se protéger des incendies. Le troisième, c’est le rôle de l’agriculture dans nos territoires. Et il y a les questions de voirie et de logement en ruralité. »
Visibilité
« Notre objectif principal auprès des maires ruraux est d’être plus visible, en veillant à un engagement collectif à la fois local et national », poursuit Anne Hébert qui rappelle que l’AMR 50 fait partie de l’Association des maires ruraux de France (AMRF).
Financements
Anne Hébert souligne une autre nécessité pour les communes rurales : être accompagnées par l’État et par l’Europe.
« Il y a de nombreuses aides européennes que l’on peut solliciter. On peut s’appuyer sur le CREAN, Carrefour rural européen des acteurs normands. Cette association régionale est à Vire, espaces de rencontres et d’information sur les initiatives, nombreuses, qui peuvent être financées dans le cadre de programmes européens. Souvent, ces financements ne sont pas connus en territoires ruraux, faute d’ingénierie. »
Ingénierie
La nouvelle présidente de l’AMR 50 se place là dans les pas de son prédécesseur, Hubert Lefèvre qui a lui aussi insisté sur ces points, les aides européennes et l’accès à l’ingénierie.
« Des programmes comme Petites villes de demain et Villages d’avenir et des propositions du conseil départemental de la Manche répondent en partie à nos besoins. Il y a aussi les contrats de mandature que nous a présentés le préfet Marc Chappuis, mais il va falloir aussi mutualiser et motiver les communes à s’engager dans ces partenariats. En particulier pour l’ingénierie de projet et l’ingénierie juridique. »
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