
En ce lundi 30 mars, à la sortie de l’école, les flocons mêlés de neige n’ont pas découragé les familles. Dans la cour de l’école du Centre, les parents étaient nombreux à répondre à l’appel de la PEEP (fédération des parents d’élèves de l’enseignement public) pour dire non à la fermeture annoncée d’une classe à la rentrée 2026.
À leurs côtés, des élus avaient aussi fait le déplacement, parmi lesquels le nouveau maire, Romain Vermot, en poste depuis un peu plus d’une semaine. Tous partageaient la même inquiétude, celle de voir se dégrader les conditions d’apprentissage dans un établissement qui accueille déjà des effectifs élevés.
Six élèves en moins
Aujourd’hui, l’école élémentaire du Centre compte 376 élèves répartis dans 16 classes. À la rentrée prochaine, le départ des 70 élèves de CM2 serait compensé par l’arrivée de 64 CP, soit un différentiel de six élèves en moins. C’est précisément ce chiffre qui cristallise les tensions selon les parents mobilisés.
Pour beaucoup, cette perspective paraît d’autant plus difficile à comprendre qu’elle repose sur une lecture à très court terme, alors que les effectifs restent soutenus et que les prochaines rentrées s’annoncent déjà chargées. « On a vraiment le sentiment qu’on raisonne à l’année, sans regarder ce qui arrive derrière », résume une mère de famille. « Six élèves de moins, à l’échelle d’une école comme celle-ci, ce n’est pas un effondrement. En revanche, supprimer une classe, là, tout de suite, ça change énormément de choses pour nos enfants. »
Dans les échanges entre parents, la même idée revient avec insistance, celle de regarder déjà au-delà de la rentrée prochaine. Les enfants actuellement en moyenne section, qui feront leur entrée au CP en septembre 2027, s’annoncent très nombreux, avec une quinzaine d’élèves de plus que les effectifs habituels. Une perspective qui nourrit davantage l’incompréhension face à une éventuelle suppression. Beaucoup redoutent qu’une décision prise cette année ne se révèle rapidement inadaptée.
Des particularités locales
Présent sur place, Romain Vermot a assuré avoir déjà pris le dossier en main et échangé avec l’Éducation nationale, notamment avec l’inspection, afin de faire valoir les particularités locales. « Nous investissons dans nos écoles et nous voulons garder des classes à taille humaine », a-t-il souligné. « Sur le papier, on peut considérer qu’une école de 16 classes peut passer à 15 sans difficulté. Mais sur le terrain, ce n’est pas neutre. Derrière, cela veut dire des groupes plus chargés et une attention plus difficile à porter à chacun. »
L’élu estime que la situation mérite d’être examinée autrement que par une simple logique comptable. « Ce qui ressort, c’est une lecture très administrative du dossier, presque au tableur Excel », regrette-t-il. « Or Villers-le-Lac est une commune qui bouge, avec des logements, des familles qui s’installent et la proximité de la Suisse. »
La crainte d’avoir des classes surchargées
Les parents redoutent qu’une fermeture décidée aujourd’hui finisse par peser de façon durable sur l’organisation de l’école. « Fermer une classe, on sait faire. La rouvrir ensuite, c’est toujours beaucoup plus compliqué », glisse un parent d’élève. « Ce qu’on demande, ce n’est pas un privilège, c’est simplement de préserver un fonctionnement cohérent pour les enfants. »
Au fil des discussions, une autre inquiétude ressort, celle de classes plus chargées dans plusieurs niveaux, avec tout ce que cela implique pour le quotidien des enseignants comme pour celui des élèves. « Sur le papier, on peut dire qu’on reste dans les clous », confie une mère. « Mais dans la réalité, quand les effectifs montent, on sait bien que ce n’est pas la même chose pour apprendre, accompagner, aider ceux qui ont besoin d’un peu plus de temps. »
Dans la cour, l’ambiance restait à la fois calme et déterminée. Malgré le froid et la neige, les banderoles étaient déployées, les échanges nourris, et chacun semblait croire qu’il est encore temps d’éviter une décision, comme en 2024 où l a fermeture n’avait finalement pas eu lieu, qui pèserait longtemps sur le quotidien de l’école.
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