
Les maires passés à la loupe : conciliation avec la vie professionnelle, évolutions, portrait-robot…
Deux mois après les élections municipales de 2026, quel est portrait-robot du maire du Pays de Fougères ? Qui l’incarne le mieux ? Quelles sont les évolutions de la fonction ? Et comment ces élus arrivent-ils à concilier leur mandat d’élu local et leur vie professionnelle ? Dans La Chronique républicaine, version papier, du jeudi 21 mai, nous consacrons deux pages à ces différentes questions.
Louis Pautrel, maire du Ferré (Ille-et-Vilaine) depuis 2001, a fondé l’Association des maires ruraux 35 en 2003. Cet expérimenté élu local dans le Pays de Fougères livre son analyse sur l’évolution des profils des maires et des fonctions qui y sont rattachées.
Quel regard portez-vous sur le profil des maires d’aujourd’hui ?
Avant, on était maire avec un âge plus avancé. On trouvait de nombreux maires qui avaient plus de 65-70 ans. Avec la fin du mandat 2026, on a remarqué que beaucoup de maires de 55-65 ans avaient pris la décision d’arrêter. Ils auraient pu postuler pour un mandat supplémentaire mais par envie de profiter de la retraite et de la famille, ils ont décidé de se retirer plus rapidement. C’est ce qui explique ce renouvellement.
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On observe aussi de nouveaux profils. On a souvent eu, par le passé, des maires issus de familles bien ancrées dans la commune. Aujourd’hui, avec l’évolution des populations, ce n’est plus le cas. C’est en partie dû à l’évolution du monde agricole, avec le nombre d’exploitations qui diminue. Les enfants ne reprennent plus les exploitations et font leur vie d’adultes sur un autre territoire. Lors de mon premier mandat en 1989, 70 à 80 % des conseillers municipaux étaient des agriculteurs.
Vous avez 25 ans d’ancienneté. Qu’est-ce qui a changé depuis vos débuts ?
Le monde était moins pressé et les gens communiquaient par courrier. Aujourd’hui, si on ne répond pas à un SMS ou à un mail dans la journée, on va être relancé rapidement. Il n’y a plus de temps morts et le maire doit être joignable du matin au soir et du lundi au dimanche. Ça demande beaucoup plus d’énergie. Je trouve que la relation humaine s’est affaiblie. Elle est moins concrète car la plupart de la communication se fait par le numérique.
L’Association des maires ruraux d’Ille-et-Vilaine en soutien
Face aux difficultés que rencontraient les communes rurales au niveau financier et en matière de services publics notamment, quelques maires ont décidé de se serrer les coudes il y a une vingtaine d’années.
Fondée en 2003 à l’initiative de Louis Pautrel, maire du Ferré, l’Association des maires ruraux d’Ille-et-Vilaine (AMR 35) n’a cessé d’évoluer, et compte de plus en plus d’adhérents au fil des années.
Rattachée à l’AMR de France, basée à Lyon, cette association a pour but de défendre les intérêts des petites communes et de les représenter. Cette fédération est engagée dans la défense de la liberté communale, l’indépendance vis-à-vis des partis politiques, le développement des services publics, la lutte contre la désertification et l’équité dans l’aménagement du territoire.
L’AMR 35 se veut à la fois un lieu d’échanges et de réflexion des maires ruraux sur les problématiques qui leur sont spécifiques et une force d’action pour faire valoir leurs positions et leurs revendications auprès des décideurs locaux.
« J’ai des maires chaque semaine au téléphone. Ils se posent des questions et me consultent, rapporte Louis Pautrel, président de l’AMR 35. Malgré mes 25 années d’expérience en tant que maire, je ne sais pas tout. On apprend tous les jours et le partage d’expérience est très important. »
Ce qui a changé aussi, c’est la multiplicité des réunions.
Il faut être là pour défendre les projets, mais il y a moins de liberté d’entreprendre car on se doit de demander l’autorisation à différentes instances.
C’est un parcours du combattant où on rallonge les délais. C’est devenu compliqué de porter un projet ou monter un dossier, il y a énormément d’administratif.
Depuis 10 ans, les crises entraînent des difficultés qui se répercutent sur les fonctions d’élus et sur les habitants.
Avec un tel constat, peut-on craindre un manque d’intérêt à devenir maire ?
Il y aura toujours des personnes qui se porteront volontaires pour faire vivre cette démocratie de proximité. Le plus compliqué, ce n’est pas de monter une liste mais de trouver un leader pour la porter. Souvent, je dis qu’un mandat, c’est courir un marathon à la vitesse d’un 100 m.
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Le plus compliqué n’est pas forcément de faire un aménagement mais de gérer tous les imprévus. On en a de plus en plus. Notre responsabilité personnelle est engagée constamment. C’est parfois pesant.
Quelles sont les qualités requises pour être un »bon maire » selon vous ?
Il faut être passionné, avoir envie de donner, être dans l’humain, savoir gérer ses émotions… Cette expérience fait grandir et prendre de la hauteur, notamment sur la vie. Pour moi, ce n’est pas l’âge, ni la fonction, ni l’ancienneté qui font la qualité d’un maire. Un maire doit aimer sa commune, connaître sa population, être en capacité de fédérer et créer une cohésion pour que la commune puisse vivre de façon harmonieuse. Il faut aussi être opiniâtre et déterminé.
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Nous sommes ravis de vous partager cet article sur la formation des élus. Face aux exigences croissantes de la gestion publique, il est essentiel que les élus disposent des connaissances et des compétences adaptées à leur mandat. C’est la mission de formation-des-elus.cdcl.fr, une association créée et dirigée par des élus, pour les élus. Nous proposons des formations conçues pour répondre aux réalités du terrain, animées par des experts de référence, afin d’accompagner les élus dans l’exercice de leurs responsabilités et l’amélioration de l’action publique.
