
La première étude menée par le syndicat des Acteurs du traitement de l’eau à la parcelle montre une meilleure appropriation des problématiques liées à la gestion de la ressource.
96 % des collectivités locales estiment que la gestion de l’eau est une priorité absolue pour leur territoire. Ce chiffre est issu de la première étude réalisée par Infopro Digital Etudes [dont fait partie Le Moniteur, NDLR] pour le compte du syndicat des Acteurs du traitement de l’eau à la parcelle (Atep) (1). Si l’entretien et la maintenance des réseaux restent un enjeu clé pour 35 % des collectivités locales, les préoccupations liées au changement climatique – inondations et sécheresses en tête – concernent 30 % des sondées. Des chiffres qui rassurent Marc Sengelin, président de l’Atep, qui constate lui-même dans sa commune (Ottrott, en Alsace) que le débit de la source qui alimente la municipalité a été divisé par cinq en 25 ans.
Du côté des actions engagées, 58 % des collectivités déclarent avoir agi pour réduire l’artificialisation des sols et 20 % prévoient de mener des actions à ce sujet. L’utilisation des eaux de pluie est mentionnée par 46 % des élus et agents interrogés. Un quart des répondants admet déjà agir sur ce volet depuis plus de trois ans. Et 32 % font part de leurs intentions pour l’avenir quand près d’un quart des sondés 23 % affichent des intentions d’agir sur les eaux grises, cette fois.
Valorisation des eaux de pluie
Parmi les autres enseignements, l’étude montre que 73 % des collectivités arrosent leurs espaces verts avec de l’eau de pluie. Elles servent également pour la recharge des nappes phréatiques (55 %), des usages à l’échelle du bâtiment (38 %), le nettoyage de la voirie (32 %) ou la gestion des incendies (30 %). Par ailleurs, les bâtiments scolaires, qui disposent souvent de grandes toitures, peuvent récupérer les eaux pluviales pour alimenter les chasses d’eau. Une démarche qui fait de plus en plus d’émules.
Gestion de l’eau à la parcelle
Autre chiffre encourageant : 43 % des collectivités répondantes déploient des actions pour gérer l’eau à la parcelle. Et 22 % indiquent qu’elles souhaiteraient le faire. Deux chiffres qui s’expliquent par la taille des collectivités et les moyens dont elles disposent. Ainsi, parmi les 43 %, la majorité sont des intercommunalités disposant certainement de services structurés (urbanisme, aménagement) et sont soumises à des exigences réglementaires plus fortes. A l’inverse, parmi les 16 % des répondants qui indiquent ne pas vouloir agir, 23 % sont des communes.
L’Atep utilise cette information pour rappeler un fait : les effets du changement climatique (retrait-gonflement des argiles, inondations, sécheresses) touchent indistinctement tous les territoires. D’où la volonté du syndicat de « faire connaître les bonnes pratiques vers les territoires ruraux, d’y diffuser les outils, les financements et les expertises ».
Intérêt pour la Réut
Par ailleurs, 70 % des personnes interrogées dans les collectivités déclarent vouloir développer la valorisation des eaux impropres à la consommation humaine. Cela confirme un intérêt croissant pour la réutilisation (souvent appelée Réut) et la diversification des ressources disponibles. Selon l’Atep, ce mouvement traduit un changement culturel profond.
Enfin, une collectivité sur deux souhaite même accompagner les particuliers à travers des opérations groupées de rénovation des dispositifs d’assainissement non collectif.
Une gestion plus sobre
Pour Jérémie Steininger, délégué général de l’Atep, « cette étude montre que les collectivités ont pris conscience de l’urgence à repenser la gestion de l’eau, au-delà du seul cadre législatif ». Parmi les signaux encourageants, il note qu’une collectivité sur deux déclare avoir mis en place des dispositifs de récupération et d’utilisation des eaux de pluie, ce qui témoigne d’un passage progressif de l’intention à l’action. Enfin, pour lui, l’étude met en lumière un mouvement collectif : celui d’une nouvelle vision de la gestion de l’eau, plus sobre, plus locale et plus responsable.
(1) Etude menée entre le 25 septembre et le 17 octobre 2025 auprès de 223 élus et agents des collectivités locales, ainsi qu’auprès de 1000 particuliers. Ce deuxième volet sera présenté lors d’un webinaire de l’Atep courant décembre 2025.
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