L’Association des maires de l’Allier tire la sonnette d’alarme : le soutien de l’État à la présence postale territoriale pourrait être réduit d’un tiers, mettant en péril l’accès au service public postal dans les zones rurales.
Alors qu’il garantit l’égal accès au service postal partout en France, le contrat de présence postale territoriale pourrait être fragilisé dès 2026. En cause : une réduction significative des financements publics. L’Association des maires et des présidents d’intercommunalité de l’Allier (AMF03) alerte sur les conséquences pour les territoires ruraux.
Un contrat essentiel pour le service postal de proximité
Signé en février 2023 entre l’État, La Poste et l’AMF au niveau national, le 6ᵉ contrat de présence postale territoriale prévoit une enveloppe annuelle de 174 millions d’euros. Ce financement permet de maintenir un maillage postal équilibré, notamment dans les communes rurales, grâce au fonctionnement des agences communales, intercommunales et des relais poste chez les commerçants.
L’enveloppe repose sur deux sources : d’une part, des abattements de fiscalité locale dont bénéficie La Poste (taxe foncière, CFE, CVAE) ; d’autre part, une dotation budgétaire votée chaque année par le Parlement, destinée à compenser la suppression de la CVAE.
Une baisse brutale des crédits annoncée pour 2026
Le projet de loi de finances pour 2026 prévoit une baisse de 44 millions d’euros de la dotation budgétaire de l’État, réduisant sa contribution à 76 millions d’euros (contre 120 millions actuellement). En parallèle, le produit des abattements fiscaux tomberait à 46 millions d’euros, contre 54 millions attendus. Le fonds postal national serait ainsi amputé d’un tiers, pour s’établir à seulement 122 millions d’euros.
Cette baisse aurait des répercussions immédiates. Le déficit de financement atteindrait 24 millions d’euros pour les seules dépenses de fonctionnement du réseau, estimées à 146,2 millions d’euros en 2025. Les commissions départementales de présence postale territoriale (CDPPT), qui jouent un rôle crucial d’adaptation du réseau aux besoins locaux, verraient également leurs marges d’action fortement réduites.
Un appel à la mobilisation des parlementaires
Pour l’AMF03, sans un rétablissement du niveau de financement à hauteur de 174 millions d’euros, soit le retour des 44 millions d’euros de dotation et 8 millions supplémentaires pour compenser la baisse liée à la CVAE, le contrat signé en 2023 ne pourrait tout simplement plus être appliqué dès 2026.
Alors que les discussions sur le futur 7ᵉ contrat débutent, l’association alerte sur le signal négatif qu’un tel désengagement de l’État enverrait à La Poste comme aux élus locaux. Elle appelle les parlementaires bourbonnais à se mobiliser sans délai pour défendre un service postal de proximité, accessible et équitable, notamment dans les territoires les plus fragiles, à l’image de l’Allier.

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