C’est une polémique inattendue qui est née vendredi 14 mars. Invité de nos confrères d’Ici Orléans, James Bruneau, le nouveau président de l’association des maires du Loiret était interrogé au sujet de la possible loi sur la parité dans les communes de moins de 1.000 habitants.
L’élu de Sermaises avait alors indiqué :
« S’il y a des assemblées qui fonctionnent mieux qu’avec des femmes ou qu’avec des hommes, laissons la liberté aux candidats de faire des listes non paritaires. Des réunions, il y en a aussi le soir. C’est pour ça que la parité peut être difficile pour les candidates, parce que les femmes ont souvent deux journées en une, le soir, s’occuper des enfants et tout. »
Carole Canette boycotte l’AG
Des propos qui sont très mal passés, notamment auprès de la fédération du Parti socialiste, et de Carole Canette, maire PS de Fleury-les-Aubrais. L’élue ayant indiqué, vendredi soir, qu’elle ne se rendrait pas à l’assemblée générale des maires du Loiret comme prévu.
« Ces propos sont éminemment sexistes et profondément choquants. Ils entretiennent l’idée d’une répartition naturelle des rôles entre les hommes et les femmes […] Je refuse de cautionner une telle vision de la place des femmes, une telle conception de l’organisation politique. En annulant ma participation à une réunion importante, j’espère que cela permettra aux uns et aux autres de prendre conscience de l’impact provoqué lorsque de tels stéréotypes sont véhiculés. »
Vingt-quatre heures plus tard, à l’issue de l’assemblée générale et du choc de l’annonce de l’absence de Carole Canette, par ailleurs vice-présidente à la Région, nous avons sondé quelques élus de tout bord, afin d’évoquer les propos de James Bruneau.
Christophe Chaillou et David Jacquet comprennent Carole Canette
James Bruneau (DVD), maire de Sermaises : « Je ne veux pas en parler, car je ne veux pas ramener de l’huile sur le feu. J’ai pris acte de la décision, même si je pense que ce n’était pas le bon moment et qu’on aurait pu échanger au téléphone ».
Christophe Chaillou (PS), sénateur du Loiret : L’assemblée générale de l’AML est un moment marquant. Mais c’est un endroit où l’on pourrait se dire les choses. J’ai voté la loi sur la parité au Sénat, sans aucune difficulté. L’association des maires de France et l’association des maires ruraux étaient pour ce texte. »
« Je pense que véhiculer des clichés sur le rôle des hommes, des femmes, des enfants, des tâches ménagères, etc, ce n’est plus d’actualité. Je comprends les réactions. Il y a de la maladresse dans les propos de James Bruneau. »
« Je connais bien Carole, c’est une amie, elle est pleinement engagée, c’est une personnalité avec son caractère et c’est très bien. James Bruneau et Carole Canette sont deux personnes engagées, ouvertes. Cela mérite un débat, serein et cela aurait dû se faire ici à l’AG de l’AML. »

David Jacquet (PS), maire d’Artenay et vice-président à la Région : « Je comprends la position de Carole Canette, car elle est blessée en tant que femme et en tant que maire. Au travers d’elle, ce sont toutes les femmes et les maires de France qui sont blessées. Je me suis entretenu avec James Bruneau et c’est une maladresse de sa part. Il le reconnaît. Il faut dépasser les événements. Cette loi, c’est une bonne proposition des maires de France. En 2020, j’avais plus de femmes candidates avec moi que d’hommes. Donc c’est possible, il suffit d’avoir une vision d’émancipation et un prisme qui laisse le champ du possible. Je me porte en faux dans le fait que, dans la ruralité, on soit plus conservateur qu’ailleurs. Il y a plein de femmes qui peuvent s’engager et sont autant compétentes. »
Une loi sur la parité « pas si évidente » pour Constance de Pélichy
Constance de Pélichy (Liot), députée du Loiret : « Je vais d’abord écouter ce qu’a dit James Bruneau. Je ne sais pas quels sont ses mots exacts, ni le contexte dans lequel il les a prononcés. Je me méfie de la polémique. Le débat qui s’ouvre sur la parité dans les communes de moins de 1.000 habitants, on voit qu’il n’est pas si évident que ça puisque c’est passé d’une courte majorité au Sénat. L’inquiétude que j’ai, c’est qu’on a déjà à avoir des candidats dans les petites communes. J’ai peur qu’on aille s’ajouter une contrainte qu’on n’arrive pas à remplir […] On devrait peut-être travailler d’abord sur les freins qui font que les femmes s’auto-censurent plutôt que de mettre les communes en grande difficulté. »
Aurore Caro (LR), maire de Meung-sur-Loire : « Personne n’est contre la parité. Je pense que le sujet est surtout d’imposer une forme de rigidité. Comment dans notre société, on laisse de la souplesse à des communes dans lesquelles l’on a du mal à trouver des gens qui veulent s’engager. Après (elle soupire], je ne comprends pas pourquoi Carole Canette n’est pas venue. »
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