Quel état d’esprit chez les maires, à quelques mois des élections municipales ? Le président de l’association des maires de Seine-Maritime fait le point, à l’occasion du Congrès des maires de France.
Il sonne forcément différemment cette année, à quatre mois des élections municipales : le congrès de l’Association des maires de France. Il s’est ouvert à Paris ce mardi 18 novembre et se tient jusqu’à jeudi 19 novembre. Le thème, c’est la « liberté » cette année. « Les maires sont de moins en moins libres depuis une dizaine d’années, nous constatons un mouvement de recentralisation », déclare sur ICI Normandie, ce mercredi 19 novembre, le maire de Sainneville, et président de l’Association des maires de la Seine-Maritime.« L’État a décentralisé à une certaine époque, les hauts fonctionnaires ont toujours eu du mal à l’accepter et on constate que l’État, par des moyens très divers, nous donne de moins en moins de moyens d’agir. D’autre part, l’Etat nous réduit fortement nos dotations. Nous n’avons pas les financements nécessaires pour beaucoup de domaines, alors que nos concitoyens nous demandent de plus en plus de choses et qu’il nous est difficile de leur répondre. »Denis Merville explique aussi que les maires sont constamment sollicités : « nous ne sommes pas des élus hors sol, nous sommes sur le sol, sur le terrain, nous vivons au milieu de nos concitoyens. On nous réclame beaucoup de choses. Les gens trouvent un chien, aussitôt ils vont voir le maire, par exemple, me disait un collègue. » Il dénonce des textes absurdes, et une impuissance grandissante. « Nous n’avons pas les moyens d’agir, il y a un manque de souplesse entre les communes et les intercommunalités. Moi, par exemple, je suis dans la communauté urbaine du Havre, je n’ai plus aujourd’hui le pouvoir de curer une mare. Je dois attendre une programmation faite à la communauté urbaine, je suis maire depuis longtemps, avant je prenais une entreprise, c’était fait. Maintenant, il me faut attendre 3 ou 4 ans. »Près de 6 maires sur 10 envisagent de se représenter en 2026, dix points de plus que 2019 selon l’enquête AMF Cevipof/Sciences Po, un temps redoutée. « Ce mandat a été particulièrement difficile », rappelle Denis Merville. « On a connu le problème des gilets jaunes, des violences urbaines et les changements de gouvernement. Nous sommes dans l’incertitude la plus complète. On manque de visibilité. Enfin, être maire, c’est s’engager à servir la collectivité. C’est heureux de voir que des gens sont encore motivés dans une société de plus en plus individualiste. »

