
L’avenir de la loi SRU, qui impose des quotas de logements sociaux dans les communes urbaines, revient dans le débat. Attaqué notamment par la candidate du Rassemblement national, Marine Le Pen, qui souhaite l’abroger si elle arrive au pouvoir, ce texte a suscité un débat au sein de l’Association des maires de France (AMF). Pour rappel, la loi SRU a permis de créer plus d’un million de logements sociaux dans les communes déficitaires entre 2002 et 2022, au-dessus de l’objectif fixé.
«La loi SRU est un dispositif qui divise profondément les maires adhérents de l’AMF, tant dans ses principes que dans les modalités de sa mise en œuvre», reconnaît l’organisation, dans un communiqué publié ce jeudi. L’AMF a mis en place «un groupe de travail» pour réfléchir à des modifications de la loi SRU, mais elle ne réclame pas, aujourd’hui, sa suppression.
Mercredi, lors du congrès HLM à Bordeaux, le vice-président de l’AMF chargé du logement Thierry Repentin avait assuré que l’association défendait la «sanctuarisation» de la loi SRU. «L’AMF, de façon officielle, demande à ce que la loi SRU ne soit pas touchée», a défendu Thierry Repentin, également maire de Chambéry. Un point contesté par l’association, qui affirme que ces déclarations «ne correspondent pas aux positions de l’AMF telles qu’elles ont été formulées par ses instances».
Prudence sur l’encadrement des loyers
Par ailleurs, l’AMF ne se prononce pas sur l’encadrement des loyers, autre mesure aux effets contestés à l’échelle locale. «Le Bureau est favorable à ce que les maires engagés dans l’expérimentation puissent la poursuivre, au nom de la libre administration», indique l’organisation. «L’AMF s’est prononcée favorablement à la prolongation de l’encadrement des loyers dans les grandes villes qui ont mis en place ce système», affirmait de son côté Thierry Repentin, qui souhaite permettre aux «maires volontaristes de le mettre en œuvre».
Ce dispositif mis en place dans environ 70 communes est menacé d’arrêt net fin novembre si aucun texte ne prévoit la prolongation de son expérimentation. Une proposition de loi socialiste a été validée à l’Assemblée nationale et sera étudiée par le Sénat le 21 octobre, en vue d’une poursuite pour deux ans.
L’AMF s’oppose au gel des APL
Thierry Repentin s’est également dit contre le gel des aides personnalisées au logement (APL), comme annoncé par le gouvernement dans le cadre du projet de budget pour l’État en 2027. Il s’oppose à l’idée d’«aller chercher de la solidarité auprès de ménages qui ont 1.200 euros par mois». La mesure qui concernerait 2,7 millions de personnes pourrait représenter une économie de 200 millions d’euros pour l’État, selon le ministère du Logement.
Dans les débats de la campagne présidentielle, l’ancien socialiste lance un «appel aux leaders des formations politiques à parler du quotidien des Français», qui est leur principale préoccupation avec «la question du logement qui revient immanquablement». Thierry Repentin a aussi remis sur les tables des mesures défendues par l’AMF qui visent à soutenir les maires qui construisent des logements et à plafonner les prix des terrains.
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