« Ce n’est pas seulement une usine qu’on ferme, ce sont des savoir-faire qu’on piétine. » Plusieurs élus locaux, dont Frédéric Bierry, président de la Collectivité européenne d’Alsace, Victor Vogt et Nathalie Marajo Guthmuller, conseillers d’Alsace, ou encore des députés et sénateurs allant du Parti communiste français (PCF) aux Républicains (LR) ont signé, avec des responsables syndicaux nationaux, dont Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, une tribune contre la fermeture de BDR Thermea à Mertzwiller publiée, ce lundi 30 juin, sur les réseaux sociaux.
Le 20 mai 2025, la direction de BDR Thermea annonçait la fermeture de son usine de production de Mertzwiller et la suppression de 370 postes en France, dont 320 sur le site bas-rhinois. L’annonce avait eu l’effet d’un coup de tonnerre chez les salariés et leurs représentants syndicaux, qui se sont mobilisés par deux fois devant l’entreprise. Alors que Sophie Binet, lors de sa venue à Mertzwiller le 5 juin, appelait les élus à se mobiliser, le message semble avoir été entendu. Ce sont près de 40 personnes qui ont uni leur voix, dans cette tribune, pour « ne pas laisser la plus ancienne usine de France quitter le pays ». C’est d’ailleurs lors de la venue de la secrétaire générale de la CGT qu’ont eu lieu les prémices de cette tribune. « Nous avons fait une réunion de travail, après la manifestation, entre élus du territoire et l’intersyndicale pour établir un texte commun », explique Victor Vogt.
Des « décisions politiques qui ont fragilisé la filière »
« BDR Thermea, héritière directe de l’entreprise De Dietrich fondée en 1684, incarne plus de trois siècles d’histoire industrielle au cœur de l’Alsace », rappellent les signataires dans la tribune. « Ce site n’est pas une simple usine : c’est un pilier économique », ajoutent-ils avant de mentionner que « la production va être délocalisée dans d’autres pays comme la Slovaquie ou la Turquie ».
Les représentants syndicaux et les élus de tous bords politiques incriminent aussi « certaines décisions politiques » qui fragilisent la filière du BTP et de la construction. Ils citent, entre autres, « l’affaiblissement progressif de MaPrimeRénov’ » et « l’absence de stratégie industrielle claire pour la rénovation thermique ». Avant d’ajouter : « En territoire, cette fermeture est vécue comme une profonde ironie : pendant que l’on organise à Versailles le sommet “Choose France” […] on laisse tomber des sites historiques comme celui de Mertzwiller ».
Les signataires dénoncent aussi l’impact de cette fermeture dans le secteur. « Le drame qui se joue à Mertzwiller ne sera pas un cas isolé, c’est un écosystème qui est touché. D’abord local, car autour de Mertzwiller, c’est la fonderie de Niederbronn qui perd l’un de ses principaux clients, directement dépendant du site », écrivent-ils.
Pour défendre les 320 emplois menacés sur le site, ils appellent « chacune et chacun à se mobiliser au-delà des appartenances politiques et syndicales […] », notamment pour la grande marche blanche qui aura lieu ce samedi 5 juillet, dès 10 h, à Mertzwiller.
Une marche blanche en soutien aux salariés de BDR Thermea
À l’appel de l’intersyndicale, une grande marche blanche aura lieu ce samedi 5 juillet, pour « dénoncer la fermeture de l’usine de BDR Thermea ». La manifestation débutera par un rassemblement, dès 8 h 30, devant l’entreprise à Mertzwiller. Les 2 000 à 5 000 personnes attendues défileront dès 10 h, avant des prises de parole devant le terrain de football.
« Il faut que l’on montre la solidarité intergénérationnelle. C’est aussi un moyen de faire pression sur les négociations avec la direction », estime Fabrice Leininger, secrétaire Force ouvrière du CSE chez BDR Thermea. Les représentants syndicaux du site seront rejoints par plusieurs organisations syndicales venues de toute l’Alsace. « C’est quelque chose qui peut aussi nous arriver, alors il faut qu’on les soutienne », assure Didier Glath, délégué FO chez SEW Usocom. Plusieurs élus locaux seront présents, tout comme le secrétaire général FO Frédéric Souillot.
De son côté, la CGT défilera aussi, mais refuse de le faire « aux côtés du Rassemblement National ». Elle appelle ses adhérents à « quitter ensemble la manifestation » si le député RN de la 8e circonscription du Bas-Rhin, Théo Bernhardt venait à prendre la parole.
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