, Municipales: pour Benjamin Morel, LFI a « pris en otage » un PS qui est « féodalisé à ses élus locaux »

Municipales: pour Benjamin Morel, LFI a « pris en otage » un PS qui est « féodalisé à ses élus locaux »

Le constitutionnaliste considère ce mercredi sur RMC une « victoire stratégique » de LFI, qui « a pris en otage le PS ». Selon Benjamin Morel, le parti à la rose paierait sa trop grande dépendance à ses élus locaux. Ce qui explique, pour ce dernier, les alliances locales avec le parti de Jean-Luc Mélenchon, malgré l’inexistence d’un « accord national » vanté par Olivier Faure.

Pour La France insoumise, le premier tour des municipales est une « victoire non pas en nombre de voix mais stratégique », analyse ce mercredi au micro des Grandes Gueules le constitutionnaliste Benjamin Morel. « Ils ont pris en otage le Parti socialiste. »

A l’issue du premier tour du scrutin dimanche, plusieurs alliances locales ont vu le jour entre les listes d’union de la gauche (PS-PCF-Les Ecologistes) et les listes insoumises. Leurs concurrents, du centre à l’extrême droite, ont dénoncé des alliances « honteuses ». Le PS, par la voix de son premier secrétaire Olivier Faure, avait pourtant admis, plusieurs jours avant l’échéance du 15 mars, que des alliances locales seraient possibles, en excluant toutefois un accord national avec le parti de Jean-Luc Mélenchon.

« Ne croyez jamais un socialiste », ironise le député LFI Paul Vannier

Le parti à la rose avait – pour la première fois – dans un communiqué le 4 mars dernier, accusé le tribun insoumis de propos « antisémites ». Plusieurs cadres du PS avaient promis le refus d’alliances, comme François Hollande, Carole Delga mais aussi du côté de Place Publique avec Raphaël Glucksmann. Même la numéro 2 du parti Johanna Rolland avait exclu une alliance avec LFI, avant de faire marche arrière et d’accepter une fusion, afin de conserver sa mairie, à Nantes.

Benjamin Morel face aux GG - 18/03
Benjamin Morel face aux GG – 18/03

Au point de se faire ralllier par les Insoumis, eux-même, dont le député Paul Vannier: Numéro 2 du PS. Elle a depuis signé l’accord proposé par notre tete de liste insoumise à Nantes. Ne croyez jamais un socialiste », tacle-t-il à l’adresse de la maire de Nantes.

« Soit le PS disait « jamais d’alliance », auquel cas ils perdaient beaucoup de villes et Mélenchon aurait pu dire : « Regardez, la gauche ne peut pas gagner en étant divisée ; en 2027, le PS est le parti de la division, LFI sont les seuls qui peuvent gagner au nom de l’union », analyse Benjamin Morel.

« Le PS est féodalisé à ses élus locaux »

« Les équilibres au sein du PS ont profondément changé. Prenez Carole Delga, l’une des plus ferventes socialistes contre LFI : que va-t-elle faire avec un maire insoumis à Toulouse, capitale de l’Occitanie ? », interroge le politologue. « Après dix ans de défaite nationale, ce qui fait la force du PS, ce sont les élus locaux mais c’est donc un parti féodalisé. Si l’intérêt local prime sur l’intérêt national du parti, c’est l’intérêt local qui l’emporte », théorise-t-il.

Pour LFI, « il ne s’agit pas d’avoir beaucoup d’élus : les élus, c’est contraignant », poursuit Benjamin Morel. « Le PS a une forme d’inertie stratégique car il a des mairies et veut les garder, mais cela parasite la stratégie nationale. »

Pour avoir des élus socialistes, « il vaut mieux regarder du côté LFi que du centre », selon Benjamin Morel

Ces municipales pourraient ainsi faire du mal aux vélléités de candidatures PS anti-LFI, selui lui. « C’est rendre le PS incapable de présenter une candidature anti-LFI : les principaux défaits de ces élections, ce sont Hollande, Glucksmann, ceux qui voulaient être candidats du PS anti-LFI. »

« Une campagne présidentielle, c’est environ 10 millions d’euros. Sans le soutien du PS, une candidature du centre-gauche a très peu de chances d’exister. L’électorat de gauche est unitaire : électoralement, cela continue de marcher », développe le professeur de droit. Selon lui, les alliances n’ont qu’une seule vision, électoraliste, celles de conserver les mairies acquises par les socialistes. « D’un point de vue électoral, il vaut mieux regarder du côté des Insoumis que du centre pour continuer d’avoir des élus socialistes », conclut-il.

Léo Manson

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