Présidentielle : l’AMF consulte ses membres sur le retour à l’anonymat des 500 parrainages

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Par courrier de son président David Lisnard, maire de Cannes et par ailleurs candidat à la présidentielle, l’Association des maires de France vient de saisir Sébastien Lecornu, Yaël Braun-Pivet et Gérard Larcher. Elle s’appuie sur une consultation de ses membres réalisée fin 2022 qui affirme qu’ils sont 71,8% à « souhait(er) l’anonymat complet des parrainages ».

Débat récurrent des élections présidentielles depuis bientôt un demi-siècle, la question du retour à l’anonymat des « parrainages » vient de franchir une nouvelle étape.

Selon les informations de « La Gazette », David Lisnard qui préside l’Association des maires de France depuis 2021 a adressé mi-mai un courrier officiel aux plus hautes autorités de l’Etat. Principale raison de cette démarche, les maires sans étiquette des petites communes – qui constituent 70% des quelque 40 000 élus qui ont le pouvoir de « parrainer » un candidat – rechigneraient de plus en plus à sortir le stylo : ils seraient refroidis par les pressions et les craintes qui découleraient de la publicité qui entoure depuis 1976 une formalité mise en place par la Constitution de 1958.

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La transparence en question

Envoyée au Premier ministre Sébastien Lecornu, à la présidente de l’Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet et au président du Sénat Gérard Larcher, cette missive révèle le résultat d’une consultation des membres de l’AMF réalisée « au lendemain de la dernière élection présidentielle en 2022 » et qui n’avait jamais été rendue publique jusqu’alors : « Les résultats sont très clairs, 71,8% souhaitent l’anonymat complet des parrainages. A l’instar du ‘’secret du vote’’, l’AMF soutient ainsi le retour à l’anonymat complet pour permettre aux maires, comme aux autres élus concernés, d’exercer sereinement cette compétence ».

David Lisnard ne détaille pas les conditions dans lesquelles a été mené ce qui est présenté comme « une vaste enquête », particulièrement le taux de participation ni les autres pistes étudiées.

Les instances dirigeantes de l’AMF considèrent que le législateur a encore le temps de modifier la règle d’ici la prochaine présidentielle, prévue les 18 avril et 2 mai 2027, ce qui est souligné en conclusion du courrier : « Il s’agit juste de modifier un article en revenant à ce qui existait auparavant et qui a été validé en son temps par le Conseil constitutionnel, cela peut aller très vite », considère Guy Geoffroy, maire divers droite de Combs-la-Ville et vice-président de l’AMF.

En 2022, le président du Sénat Gérard Larcher avait annoncé travailler à une évolution du système actuel des « parrainages » : son idée de « signature obligatoire » n’a toutefois pas dépassé le stade des belles paroles. L’avenir dira si l’initiative de l’AMF connaîtra un meilleur sort.

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Le candidat Lisnard concerné ?

Ce qui est certain, c’est que si elle aboutit, cela ferait les affaires de son président David Lisnard, qui l’a présentée fin juin aux membres de son bureau : le maire de Cannes est par ailleurs candidat à la présidentielle (sous la bannière de Nouvelle énergie) et à ce jour, il est loin d’être assuré de disposer de ses 500 signatures.

Questionné sur cette possible confusion des genres, Guy Geoffroy jure du contraire : « Je comprends que l’on puisse se poser la question d’une AMF présidée par David Lisnard qui servirait de base au candidat David Lisnard mais il serait inexact de le penser. David Lisnard n’est pas comme ça, il juge simplement légitime non pas d’alimenter le débat public mais d’alerter le législateur tant qu’il est encore temps de modifier la loi ».

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