Avis défavorable à l’unanimité. Aux derniers conseils municipaux de Donges et Montoir-de-Bretagne (Loire-Atlantique), en octobre 2025, les élus se sont montrés fortement réticents au projet d’implantation de la Société des Liants de l’Ouest (SLO) sur la zone portuaire. Même si elle s’affiche comme « bas carbone », ils craignent une dégradation de l’environnement local. Le président de SLO apporte quelques éléments de réponse.
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Entre Yara et le terminal charbonnier
De quoi parle-t-on ? SLO est une entreprise, filiale de Vinci Construction, produisant des liants routiers, ces matériaux nécessaires à la fabrication des chaussées. À Montoir-de-Bretagne, elle envisage d’occuper un site de deux hectares, impasse de la Tartane, au sud d’Equiom Ciments, entre Yara et le terminal charbonnier
Elle souhaite y stocker du bitume livré par bateau (20 à 30 par an) et produire les liants routiers. Un choix de site qui « repose sur des critères objectifs : vocation industrielle du terrain, accessibilité aux axes régionaux, proximité des acteurs du transport spécialisé, et réduction des nuisances » indique Tanguy Le Blay, président de SLO, contacté par l’Écho de la Presqu’île.

Pour cela, la construction de plusieurs bâtiments est envisagée sur le terrain, comme un dépôt de bitume (pour distribution directe et alimentation de l’usine), une usine de fabrication de liants, un hangar de stockage couvert de panneaux photovoltaïques, des cuves de stockage de produits finis… Ce qui devrait être le plus visible, c’est une canalisation de 900 m de transport de bitume depuis le site jusqu’à un ponton en Loire qui reposera sur des plots en béton. Neuf salariés permanents y travailleront.
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Les aménagements de l’entreprise
Pourquoi cette usine se présente-t-elle comme « bas carbone » ? Parce qu’elle fait d’abord partie d’un plan plus large d’économie d’énergie de l’entreprise. Si SLO souhaite cette nouvelle implantation, c’est pour en remplacer trois autres, qualifiées de vieillissantes, situées à Saint-Evarzec (Finistère), Bouguenais (Loire-Atlantique) et Saran (Loiret). Elle sera plus performante, moins consommatrice d’énergie (moins de 25 kWh par tonne d’émulsion produite contre 105 kWh/t actuellement), optimisant les déplacements routiers. C’est ce que souligne Tanguy Le Blay.
Le projet prévoit une baisse de 65 % des émissions par rapport aux installations actuelles, l’absence de rejets d’eaux de process, l’utilisation d’énergies renouvelables ainsi qu’un traitement rigoureux des rejets atmosphériques. Les études menées démontrent l’absence d’impact olfactif sur les zones habitées et un trafic routier, uniquement les jours ouvrés, qui reste très faible par rapport au trafic existant (de l’ordre de 1 % le jour de pic qui correspondrait à la capacité maximale du site). De plus, des aménagements spécifiques sont prévus pour préserver la biodiversité locale. L’étude de danger intègre les risques technologiques et confirme la maîtrise du risque d’explosion.
« La dégradation de l’environnement »
Pas de quoi convaincre les élus locaux, largement échaudés par la concentration d’industries sur le port. À Donges, ils ont reproché « le manque d’association de la commune à ce projet et aux études menées en amont ». Les habitations les plus proches seront « à Blanche et à Tréveneux, et qui plus est, dans l’axe des vents dominants du sud-ouest ».
À Montoir-de-Bretagne, majorité comme oppositions sont d’accord pour pointer du doigt « la dégradation de l’environnement de la commune ».
À l’heure où l’on nous parle de la décarbonation des activités du Grand Port maritime, je ne comprends pas ce projet.
De son côté, Tanguy Le Blay dit entendre les « inquiétudes ». « Nous y répondons actuellement point par point ». Toutefois, « l’enquête publique a révélé un soutien majoritaire au projet, que nous continuons à porter dans un esprit de dialogue et de concertation avec les collectivités locales ».
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