Il y a d’abord le contexte de crise politique, qui ne pousse guère à l’optimisme sur les capacités de l’État à se réformer. Et puis une certaine habitude en la matière. « Quand nous entendons parler de décentralisation, nous nous réjouissons raisonnablement. Mais, tous les six mois, on nous l’annonce », rappelle David Lisnard, président de l’AMF, alors que l’association faisait sa rentrée à Paris, ce mardi. Pour autant, « on n’a pas l’intention de faire un procès d’intention au Premier ministre, qui connaît les collectivités. Nous serons un partenaire proactif, positif mais rigoureux », ajoute le maire de Cannes, précisant qu’à ce stade, aucune invitation à une concertation n’était arrivée sur son bureau.
Il faut dire que le sujet de la décentralisation est bien souvent agité comme un hochet par Paris devant les élus locaux, sans le début d’un changement concret. En la matière, Emmanuel Macron est un expert. « On est capable de remplir plusieurs armoires avec des études et des enquêtes sur la décentralisation », relève le premier vice-président de l’AMF, André Laignel, plaidant, lui, pour une « décentralisation ascendante », c’est-à-dire de tout décentraliser, de base, sauf ce qui est réservé à l’État. « François Mitterrand disait qu’il a fallu plusieurs siècles pour que la centralisation se fasse et qu’il faut de la décentralisation pour que la France ne se défasse pas », souligne celui qui fut l’un de ses ministres, entre 1988 et 1993.
Municipales : encourager les vocations
En attendant, l’état-major de l’AMF se prépare à une autre échéance : les élections municipales, en mars prochain. Afin d’encourager les vocations, il va lancer plusieurs actions de communication afin que des citoyens s’engagent au niveau local.
Il y a urgence. Entre les difficultés budgétaires des collectivités locales et les violences à l’égard des élus, le nombre de démissions de maires et d’élus locaux a quadruplé en vingt ans. Aujourd’hui, une quarantaine de maires lâchent l’écharpe tricolore chaque mois. Un record. Le traditionnel congrès des maires, du 18 au 20 novembre à Paris, devra servir de catalyseur.
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