, Comment Emmanuel Macron veut apaiser les craintes des élus locaux

Comment Emmanuel Macron veut apaiser les craintes des élus locaux

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L’opération réconciliation avec les élus locaux était déjà lancée. Le décès de Jean-Mathieu Michel, le maire de Signes (Var) tué lundi dernier, vient d’en confirmer l’absolue nécessité. Le message d’Emmanuel Macron lu à ses funérailles, vendredi, en témoigne : le chef de l’État assure qu’il veillera « personnellement » à ce que les élus soient protégés « face aux incivilités et à la désagrégation chez certains du sens de l’État et de la nation ». Depuis plusieurs semaines, le gouvernement tentait de soigner sa relation avec les élus. Dans cette optique, Sébastien Lecornu, ministre chargé des ­Collectivités territoriales, prépare un projet de loi, dont l’examen devrait démarrer à l’automne au Sénat, pour favoriser l’engagement des citoyens dans la vie publique.

Le ministre Sébastien Lecornu appelle à réagir

L’aspect « ordre public » n’en était pas absent. « Il faut renforcer les outils de police administrative du maire, explique Lecornu. Aujourd’hui, pour faire respecter les arrêtés municipaux, il n’a pas tout à sa main. Dans le projet de loi engagement et proximité, il pourra prononcer des amendes administratives et des astreintes si ses décisions ne sont pas respectées dans des cas précis, comme l’élagage des arbres, le dépôt de déchets sauvage et le non-respect de certaines normes pour les établissements recevant du public. »

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Le respect de la fonction n’est pas du tout le même qu’il y a cinquante ans

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Comme beaucoup d’autres, le ministre constate la dégradation du lien entre les Français et leurs élus. « Le respect de la fonction n’est pas du tout le même qu’il y a cinquante ans, appuie Lecornu. La parole du maire, comme celle du gendarme et de l’instituteur, faisait autorité par nature. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. » Il poursuit : « Au mieux, on constate une montée des incivilités vis-à-vis des élus, au pire des menaces et des injures, souvent de manière ­anonyme, ce qui pose aussi la question des réseaux sociaux. Cela doit appeler notre réaction la plus vive : il n’est pas question de laisser les maires seuls face à cette situation. »

Après la crise des Gilets jaunes, la réconciliation 

Le changement de ton est flagrant. Pendant les deux premières années du quinquennat, la rupture semblait consommée entre ­Emmanuel ­Macron, souvent qualifié de président des villes, et les élus. En ­juillet 2018, les trois principales associations représentant les maires (Association des maires de France), les départements (Assemblée des départements de France) et les ­Régions (Régions de France) avaient boycotté la Conférence ­nationale des territoires, organisée par le Président pour, précisément, installer « un pacte de confiance entre l’État et les territoires ».

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Quatre mois plus tard, en novembre, c’était au tour du Président de sécher le congrès des maires. Le malaise allait croissant alors que, depuis des années, les ­collectivités locales se voient attribuer de plus en plus de ­compétences, mais toujours moins d’argent.

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Le Président a pris la mesure du fait que les mairies sont les piliers de la République

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Cet hiver, l’ambiance a changé. « L’année 2018 avait été une année horribilis pour la relation entre les élus locaux d’une part, l’exécutif et le président Macron d’autre part, confie le président du Sénat, Gérard ­Larcher, au JDD. Et puis, après la crise des Gilets jaunes, le Président a pris la mesure du fait que les mairies sont les piliers de la République. »

Le projet de loi sur le statut des élus dira si l’exécutif est effectivement disposé à fournir des preuves d’amour à ces derniers. Malgré cela, certains ont regretté l’absence de Macron aux funérailles du maire de Signes, vendredi. Comme le sénateur Les Républicains Roger Karoutchi ou son ­collègue socialiste Rachid Temal, qui a tweeté : « Comment comprendre, comment accepter, comment interpréter cette absence du Président aux obsèques de Jean-Mathieu Michel alors qu’il se trouve en vacances à quelques kilomètres de là ! » La paix n’est pas encore signée.

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