© Shift Project & Shifters
Les ingénieurs du Shift Project et un peu plus de 20 000 Shifters – des bénévoles assurant la promotion de leurs travaux – se sont associés, à cinq mois des élections municipales 2026, pour organiser une « Grande consultation des élus locaux ». Objectif : inverser la logique des sondages interrogeant d’ordinaire l’état d’esprit des habitants, et recueillir la parole d’un maximum d’édiles et de conseillers municipaux sur les enjeux climatiques et énergétiques de leurs territoires. Un moyen, pour ces deux associations apartisanes plaidant pour une décarbonation de nos sociétés et spécialistes de la résilience des territoires, de mieux cerner les blocages et contraintes en cette période pré-électorale, dans l’idée de préparer activement le prochain mandat sur lequel ils assument vouloir peser.
Un nouveau sondage, un de plus diront certains, sur la place des enjeux climatiques et énergétiques dans les élections municipales 2026 ? Oui… à ceci près, cette fois-ci, que ce ne sont pas des citoyens ni des électeurs lambdas qui seront interrogés par un institut de sondage missionné par des entreprises des énergies renouvelables ou de l’industrie pétrolière – au choix –, mais des élus municipaux en capacité d’influer sur l’aménagement du territoire et l’organisation du quotidien des habitants. Une démarche pas si courante, qui change beaucoup de choses…
Le laboratoire d’idées « The Shift Project » et l’association de bénévoles lui étant rattachée, « The Shifters » ont mis en ligne ce 13 octobre un questionnaire d’une vingtaine de minutes à destination des maires et de leurs conseillers municipaux. Comment perçoivent-ils la transition écologique ? Ont-ils bien compris toutes les implications et répercussions locales ? La lutte contre le réchauffement climatique et la réduction de notre dépendance aux énergies fossiles met-elle les maires et leurs adjoints dans une situation inconfortable ? Pensent-ils avoir des marges de manœuvres ou se sentent-ils démunis ? Quelles sont les motivations qui les poussent à agir, mais aussi les freins susceptibles d’entraver leur action en la matière ? Et, surtout, de quoi ont-ils besoin pour pousser le curseur plus loin ?
Eclairer et influencer le débat sur les défis climat-énergie
« Nous ne nous faisons pas trop de souci sur le fait que des maires ayant connu une canicule, une inondation ou une sécheresse ces six dernières années parleront dérèglement climatique et transition énergétique lors des prochaines campagnes. Pour le reste, c’est l’incertitude… » relève Jason Saniez, coordinateur des programmes Territoires & Administration publique du Shift Project. « Plus vous serez nombreux et nombreuses à répondre à cette consultation, plus nous aurons de matière première pour pouvoir en tirer des enseignements intéressants », enjoint à son tour le président du Shift Project, Jean-Marc Jancovici, dans une vidéo diffusée en ligne à l’adresse des élus. A noter que les réponses à cette étude quantitative en ligne viendront compléter une centaine d’entretiens qualitatifs déjà menés par l’équipe du Shift Project auprès de maires depuis l’été 2025.
L’objectif de cette enquête participative, dont les résultats permettront d’alimenter les travaux des deux associations, est annoncé clairement, d’emblée de jeu : « mettre au cœur des débats les questions climatiques et énergétiques dans la campagne des élections municipales de 2026 », et « faire remonter les enjeux des élus locaux au niveau national. » Dans sa vidéo, Jean-Marc Jancovici n’hésite d’ailleurs pas à prendre rendez-vous : « nous nous ferons un plaisir de venir présenter ces résultats dans autant d’enceintes d’élus locaux que possible, et serons ravis que certains reprennent à leur compte ce travail effectué en commun. Notre vocation est de mettre dans l’espace public tout ce que nous faisons, en espérant ainsi être utile à la collectivité. »
Renforcer le dialogue avec les élus avant un mandat stratégique
L’enjeu est triple, en réalité. S’ils ne présentent pas cette consultation qu’ils espèrent « utile à la collectivité » ainsi, il s’agit aussi pour le Shift Project et les Shifters d’élargir leur audience au sein des sphères politiques locales, de façon légèrement plus utilitariste. « Dans la continuité de différents travaux du Shift Project sur la résilience des territoires (ndlr, voir ici ou là), nous souhaitons recueillir des points de vues d’élus, sans filtres. L’idée est de comprendre les blocages et freins rencontrés par les élus locaux, quitte à en bousculer et pousser certains dans leurs retranchements, afin d’étudier sous quelles conditions pourraient-ils aller plus loin lors du prochain mandat. Car, oui, en creux, il s’agit pour nous est de toucher le plus de maires possibles et les embarquer dans la transition énergétique, au-delà des seuls élus déjà convaincus et sensibilisés », reconnaît Emma Stokking, cheffe de ce projet en interne. « Nous espérons parvenir ainsi à jeter de nouvelles bases de travail avec les équipes municipales sortantes comme celles nouvellement élues. »
« La grande consultation s’adresse aux maires en place, et non aux candidats aux municipales », précise toutefois Jason Saniez. Elle doit nous aider à préparer le prochain mandat, davantage encore que comprendre le début des campagnes pour les élections municipales. » Pour rappel, le Shift Project avait mis sur pied un dispositif semblable tourné vers les agriculteurs et paysans, peu après les mobilisations à répétition de la Coordination rurale et de la FNSEA.
Nous avons le plaisir de vous relayer cet article sur la formation des élus. Se former est une nécessité pour exercer pleinement ses responsabilités et répondre aux défis de l’action publique. C’est dans cet esprit que formation-des-elus.cdcl.fr a été créé : une association fondée et gérée par des élus, dédiée à l’accompagnement et au développement des compétences des représentants locaux. Grâce à des formations animées par des experts reconnus, nous apportons aux élus des outils concrets et adaptés à leurs missions, afin de renforcer l’efficacité et la qualité du service public.
