
En application de la loi du 21 mai 2025, les élections municipales ont désormais lieu selon un mode de scrutin de liste paritaire dans les communes de moins de 1 000 habitants, comme c’est déjà le cas dans les autres communes. À cinq mois des prochaines élections, l’Association des maires de l’Orne a abordé le sujet, jeudi 9 octobre 2025, à Argentan lors de son congrès. Brigitte Luypaert, maire de Berd’huis (1 094 habitants en 2022 selon l’Insee) depuis 2001, affirme composer des listes paritaires depuis ses débuts.
La parité aux municipales 2026 : « un sujet complexe »
« Nous n’avons pas l’ambition d’écraser les hommes mais d’être à leurs côtés. » Néanmoins, l’élue trouve les femmes « plus difficiles à convaincre ».
Les femmes doutent de leurs compétences mais elles doivent croire en elle et se battre.
« Nous représentons une partie des Français qui méritent d’avoir la parole. »
Alexandre Touzet est maire de Saint-Yon (900 habitants dans l’Essonne) et représentant de l’association des maires de France. Chez lui, la parité est également appliquée et ce « depuis le début de ces trois mandats » même s’il trouve le sujet « complexe » en raison notamment du questionnement des femmes.
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« Un effort collectif »
« 100 % des femmes abordées pour être sur ma liste se sont posé des questions sur leurs compétences. Le pourcentage diminue énormément chez les hommes. »
Toutefois, Alexandre Touzet souhaite produire cet « effort collectif ». « Si nous ne faisons rien à ce sujet, nous serons dans la même situation dans 10-15 ans. »
Nous avons tant attendu pour appliquer cette réforme et je le regrette.
« Personnellement, cela sera moins dur pour moi de composer la liste car j’ai déjà 50 % des femmes qui sont prêtes à repartir. »
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Les sénateurs de l’Orne opposés à cette réforme
Jean-Pierre Féret, maire d’Orgères (182 habitants), a de son côté interrogé les sénateurs Olivier Bitz et Nathalie Goulet sur ce sujet. « Comment avez-vous pu accepter cette réforme ? Cela va devenir impossible pour les communes de 200-300 habitants voire moins. »
Le duo a rappelé son opposition à cette réforme. L’ancien sous-préfet de Mortagne-au-Perche a par la suite répondu au maire et rappelé le contexte dans lequel cela a été adopté. « Cette réforme a été portée au niveau national par l’Association des maires ruraux de France et l’Association des maires de France. Je trouve d’ailleurs cela stupéfiant. »
« Un constat unanime dans l’Orne »
D’après le « représentant des maires de l’Orne », le constat est sans appel : les élus locaux n’étaient pas favorables à cette évolution. « Toutes les semaines, je rencontre une dizaine de maires et les retours sont unanimes. »
Olivier Bitz est remonté ensuite au 3 février 2022, date à laquelle la proposition de loi a été adoptée en première lecture à l’Assemblée nationale.
105 députés sur 577 ont voté pour. Trois se sont opposés et le reste n’a pas pris part au vote. Il était déjà possible de tuer cette réforme dans l’œuf à cet instant.
Par la suite, une majorité de sénateurs a également donné son feu vert. Les opposants ont déposé un recours devant le Conseil constitutionnel mais l’instance l’a rejeté.
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