
Alors que la 4e édition du Salon des communes et des territoires est organisée aujourd’hui à Limoux, le président de l’Association des maires de l’Aude, Éric Ménassi, détaille les enjeux de cet événement à quelques mois des municipales et à l’approche du vote du budget qui pourrait impacter les collectivités locales. Entretien.
Le Salon des communes et des territoires vivra sa 4e édition ce vendredi 7 novembre à Limoux. Une première pour cet événement qui rassemble les maires mais également l’ensemble des élus du territoire. À l’initiative de cette manifestation, qui se déroulera tout au long de la journée, l’Association des maires de l’Aude et son président, Éric Ménassi. Le cru 2025 du Salon des maires du département pourrait être notamment marqué par la situation budgétaire, qui devrait sérieusement impacter les communes, mais également par les enjeux électoraux avec les élections municipales des 15 et 22 mars 2026. Éric Ménassi fait le point sur ces sujets chauds des prochains mois.
Au fil des années, le Salon a connu une évolution. Qu’en ressort-il et quels sont les objectifs de cette édition en territoire limouxin ?
Je sens que ce rendez-vous s’est institutionnalisé dans le département de l’Aude. Nous avons réussi à atteindre un objectif majeur : faire de ce moment le rendez-vous des élus locaux, mais aussi celui du monde de l’entreprise. Cette rencontre entre ces deux univers est à la fois un moment important, car tous les élus n’ont pas la possibilité, durant l’exercice de leur mandat, de rencontrer tous les chefs d’entreprise. Là, il y a un vrai moment d’échange. J’ai le sentiment que le fait de le délocaliser à Limoux a du sens.
Pourquoi avoir choisi Limoux ?
Ce choix est guidé par deux volontés : la première, c’est de pouvoir sortir des deux centres urbains de notre département qui polarisent (Carcassonne et Narbonne). Nous avions envie d’aller dans la ruralité. C’est vrai que l’Aude a une spécificité géographique un peu particulière. Toutes les villes ne sont pas en capacité de nous accueillir. Mais la commune de Limoux a mis les moyens avec cette nouvelle structure. Symboliquement, c’est bien de se rendre dans la Haute-Vallée. Il me semble que c’est l’arrondissement qui compte le plus de communes. Il ne faut pas oublier que notre manifestation est dédiée aux maires, aux élus communaux et intercommunaux, et surtout aux secrétaires de mairie.
Le budget est actuellement voté à l’Assemblée. Les collectivités locales pourraient être impactées par celui-ci. Ce sujet fera-t-il également partie des enjeux de ce Salon ?
C’est un enjeu majeur. Les maires sont unanimes : notre pays a besoin d’un budget. Nous savons très bien que si le budget n’est pas voté d’ici la fin de l’année, il impactera directement nos collectivités. Ce sera un sujet qui sera inévitablement abordé pendant le salon, notamment lors des prises de parole. Je ne peux pas imaginer un seul instant que le représentant de l’Association des maires de France (AMF) n’évoque pas le vote du budget. Pour avoir une lecture d’initié, nous savons très bien qu’il conditionne tout un tas de mécanismes financiers pour les collectivités, ce qui pourrait pénaliser notre activité. Et cela aura un impact sur l’activité économique. La capacité que nous avons à agir et à développer l’économie locale est très forte.
Nous sommes à quelques mois des municipales, qui se dérouleront les 15 et 22 mars prochains. De quelle manière seront-elles abordées au cours de l’événement ?
Il y a un vrai paradoxe dans les élections municipales. Ce sujet sera dans tous les esprits pendant le salon, mais en même temps, chaque commune a sa spécificité. L’échéance ne sera donc pas abordée de manière générale. En tout état de cause, les maires sont très engagés dans l’aventure municipale, et les concitoyens également. Nous savons que c’est, avec la présidentielle, l’élection où l’on vote le plus. En fonction des villes, évidemment, les enjeux sont différents, mais je crois que chaque élection est particulière, celle-ci encore plus, car la crise institutionnelle que nous vivons aura des conséquences sur ce scrutin.
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