Pour le maire de Sainte-Thècle, c’est la déclaration de la ministre Fréchette voulant que Québec serait en discussion avec les élus locaux qui a mis le feu aux poudres. La ministre Geneviève Guilabult avait elle aussi affirmé mardi qu’elle était en «accompagnement» avec les élus locaux dans ce dossier.
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«C’est complètement faux. Je trouve irresponsable de sortir comme ça dans les médias au lendemain des référendums [sur TES Canada] et de dire qu’on est en communication avec les élus locaux, ce n’est pas vrai», tranche-t-il.
Le premier magistrat rappelle que les élus locaux se font régulièrement accuser de manquer de transparence. La déclaration de la ministre ne fait que rajouter de l’huile sur le feu.
«C’est vraiment nous sacrer en dessous de l’autobus.»
— Éric Blouin
La préfète de la MRC de Mékinac et mairesse de Grandes-Piles, Caroline Clément, abonde dans le même sens.
«C’est effectivement fâchant de lire ça de la part des ministres Fréchette et Guilbault. C’est comme si elles nous faisaient porter l’odieux, comme si on avait eu tout plein d’échanges avec eux et qu’on n’avait pas rapporté ça aux citoyens, alors que c’est complètement faux», estime-t-elle.
Mme Clément rappelle que la MRC et le conseil des maires ont travaillé de façon autonome depuis le début dans le dossier de TES Canada, notamment pour élaborer un règlement de contrôle intérimaire (RCI) sur les éoliennes.
«Les échanges [avec Québec] ont été au minimum et des fois, même pas avec des ministres.»
— Caroline Clément
Du côté de la MRC des Chenaux, le préfet Guy Veillette est lui aussi catégorique: il n’y a pas eu de discussions avec les élus locaux.
«Il y a peut-être eu des échanges avec les gens de la Ville de Shawinigan, mais dans la MRC des Chenaux, il n’y a pas de communications qui ont été faites», confirme-t-il.
«Ayez le courage de le dire»
La ministre des Affaires municipales et de l’Habitation avait aussi déclaré mardi que le projet de TES Canada «demeure un projet et des décisions qui sont locales». Or, on se rappellera que la MRC de Mékinac avait dû grandement modifier son RCI à la demande du ministère de l’Économie, de l’Innovation et de l’Énergie, qui le jugeait défavorable au développement du secteur éolien.

«Sachant que les décisions devraient être locales, la première mouture du RCI n’aurait pas dû nous revenir avec les modifications demandées. Et on n’aurait pas dû avoir autant de problèmes avec les ministères avant d’avoir une version finale. Il n’y aurait pas eu autant de modifications de leur part s’ils nous avaient laissé 100 % de pouvoir décisionnel au niveau local», critique Caroline Clément.
Les deux préfets réitèrent d’ailleurs leur demande que le projet de TES Canada soit alimenté en électricité entièrement par Hydro-Québec.
«Je n’ai pas les compétences pour juger si le projet de l’usine d’hydrogène est un bon projet, peut-être que oui. Par contre, le volet éolien, je sais qu’il pose vraiment problème. Si le gouvernement veut réaliser ce projet-là, il devrait considérer d’enlever le volet éolien et donner à TES l’approvisionnement prévu pour Northvolt», martèle Guy Veillette.

Pour Éric Blouin, les résultats du référendum tenu dimanche à Sainte-Thècle sont d’ailleurs sans équivoque: la population ne veut rien savoir des éoliennes de TES Canada.
«À un moment donné, si vous voulez le projet, ayez le courage de le dire à la population: “on est désolé, mais vous n’avez pas votre mot à dire, on le fait, le projet“.»
— Éric Blouin, maire
«C’est un projet que nous appuyons»
Le Parti québécois est revenu à la charge sur le sujet de TES Canada, jeudi à l’Assemblée nationale. En période de questions, le député de Jean-Talon, Pascal Paradis, a accusé le gouvernement de la CAQ d’avoir menti en disant que les élus locaux avaient été consultés. Ce à quoi le ministre délégué à l’Économie et aux Petites et Moyennes Entreprises, Samuel Poulin, a répondu que le gouvernement était en contact… avec le caucus de la Mauricie.
«Nous avons évidemment un contact régulier avec l’entreprise, avec les gens du milieu et avec le caucus de la Mauricie, qui est extrêmement à l’écoute, extrêmement présent et qui souhaite des projets de développement économique dans ces régions-là», a-t-il affirmé.
Le député péquiste a répliqué en accusant le gouvernement de ne pas respecter la volonté populaire.
«La population a dit non par voie de référendum et ce qu’on entend c’est: ‘’non, on ne vous écoutera pas et on va continuer de marcher main dans la main avec le promoteur’’.»
— Pascal Paradis
«On ne dira pas non à des projets privés au Québec, surtout dans le contexte actuel. On va prendre le temps de bien faire les choses, de bien analyser, mais oui, c’est un projet que nous appuyons, que nous pensons qui peut avoir de bonnes retombées économiques», a renchéri le ministre Poulin.
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