Après « une multiplication des crises » depuis 2020, « pas de crise des vocations » chez les maires de Haute-Vienne, mais « une vocation en crise »

« Ce mandat a offert une situation inédite. » Professeur des universités et membre du Cevipof, Martial Foucault s’est penché sur la situation des maires de France. Invité, ce samedi, à l’Assemblée générale de l’association des maires de Haute-Vienne, il parlera de « la relation des maires à l’État, les conditions d’exercice de leurs fonctions, la violence subie par les élus et les enjeux d’engagement ou de démission ». « Il n’y a pas une crise des vocations, mais une vocation qui est en crise », analyse-t-il.

Quel est aujourd’hui l’état d’esprit des maires et des élus locaux ?

Si je devais résumer, je dirais que le mandat qui s’achève n’a pas permis de répondre à la question des conditions d’exercice de cette fonction et des relations avec l’exécutif. Le précédent mandat avait déjà été éprouvant avec les enjeux de sécurité intérieure et de terrorisme et un bras de fer avec sur les questions budgétaires avec la loi Notre. Mais depuis 2020, on a assisté à une multiplication des crises : fin de crise sociale post-Gilets jaunes, contexte du Covid, crise énergétique… Et là, la crise politique.

Autant, les chocs exogènes, les élus les absorbent, autant la situation politique a produit de l’incertitude, mais avec la peur que ce désordre puisse glisser au plan local.

Martial Foucault (Chercheur)

Quelles conséquences la situation politique actuelle peut-elle avoir sur la fin de mandat ?

Elle provoque de l’inquiétude chez les maires, notamment sur les aspects budgétaires, qui vont avoir du retard. Mais cela ne génère pas forcément de colère, mais une affirmation de leurs propres responsabilités. Les élus ont cette interconnaissance avec leurs administrés qui leur permet d’apaiser les tensions.

Dans les enquêtes que nous avons effectuées au niveau local, le manque de reconnaissance revient souvent. Pourquoi ?

Il y a deux exemples dont les maires m’ont beaucoup parlé : Bruno Le Maire, dont on a reparlé ces jours-ci, qui les accusent d’être responsables du déficit – ce que l’INSEE a depuis démenti. Cela avait provoqué un vrai malaise. Le deuxième sujet, c’est la complexité de la fonction : sur les sujets de servitudes, de permis de construire ou d’urbanisme, ils se sentent souvent bloqués avec des représentants de l’État qui font parfois un exercice zélé de leurs prérogatives. Derrière, ce sont les maires qui sont comptables des retards devant les citoyens…

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