ENTRETIEN. Municipales 2026 : comment redonner confiance aux maires ? « Des progrès ont été réalisés » assure l’association des maires de France

l’essentiel Alors que les démissions de maires se multiplient en France, Jean-François Vigier, vice-président de l’Association des maires de France, alerte sur un malaise profond. Entre violences, complexité croissante du mandat et avancées législatives récentes, il analyse les causes de cette crise et les réponses apportées pour tenter d’y remédier.

La Dépêche du Midi : Quel regard portez-vous sur le phénomène des démissions de maires en France ?

Jean-François Vigier : Il est très inquiétant. C’est une vraie question, car on touche à l’intime : à chaque fois qu’un maire démissionne, on se demande ce qui a pu le pousser à abandonner la charge que les électeurs lui ont confiée.

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Ce qui est d’autant plus difficile, c’est qu’il est rare qu’un maire parle ouvertement de ses difficultés avant de démissionner. Cela signifie qu’il garde sa souffrance pour lui, jusqu’au moment où il estime qu’il ne peut plus exercer sa fonction dans de bonnes conditions.

Jean-François Vigier, vice-président de l’association des maires de France.
Jean-François Vigier, vice-président de l’association des maires de France. DR

Qu’est-ce qui pousse les maires à mettre fin à leur mandat aujourd’hui ?

Les raisons sont multiples : la complexité du mandat, la technicité croissante des dossiers, l’exigence des citoyens, la gestion d’une équipe municipale… et d’une opposition. Il y a aussi les violences physiques, verbales ou sur les réseaux sociaux, exercées par certains citoyens contre les maires. Nous avons connu un pic à mi-mandat, notamment en 2023, une année terrible en matière de violences. Ces agressions, qu’elles soient symboliques ou concrètes, laissent des traces profondes.

Face à ces difficultés, qu’a fait l’association des maires de France pour venir en aide aux maires ?

Nous avons d’abord tenté de sensibiliser les pouvoirs publics à l’urgence d’améliorer le statut de l’élu. Des progrès ont été réalisés, notamment sur la formation et les conditions d’exercice du mandat : je pense notamment aux maires qui – à côté de leur mandat – exercent une activité professionnelle.

Je pense aussi à ces nouveaux maires qui découvrent, en début de mandat, le fonctionnement d’une municipalité : aujourd’hui, un élu qui débute dispose d’outils pour comprendre les bases juridiques, budgétaires et administratives de sa fonction.

Une nouvelle loi visant à améliorer le statut de maire a été votée en décembre 2025 : qu’est-ce que ce texte a permis d’améliorer, notamment pour la sécurité des élus ?

Il est avant tout venu apporter une protection fonctionnelle aux élus. Lorsqu’un maire ou un conseiller municipal est menacé ou agressé, la commune prend automatiquement en charge les frais de justice et de défense de l’élu. C’est une avancée majeure, car auparavant, certains élus hésitaient à porter plainte, notamment en raison du coût et de la complexité administrative de la démarche. La loi de 2025 est venue s’ajouter à celle de 2024, qui est venue renforcer les sanctions contre ceux qui s’en prennent aux élus locaux. Désormais, les élus sont considérés comme des personnes dépositaires de l’autorité publique, au même titre que les policiers ou les pompiers.

Et pour le train de vie de nos maires ?

La loi de décembre 2025 permet également un remboursement des frais de garde d’enfants, d’assistance aux personnes âgées ou handicapées, ainsi que des frais de transport pour les élus. Elle introduit aussi des dispositions pour les élus en situation de handicap ou les élus étudiants. Ces derniers peuvent faire valider les compétences acquises dans le cadre de leur mandat au titre de leur formation. La loi renforce également la protection fonctionnelle, facilite la conciliation entre vie professionnelle et mandat, et encadre les arrêts maladie.

Selon vous, y a-t-il encore des axes pour améliorer le statut de maire en France ?

Il reste des points de travail, notamment en ce qui concerne la question des violences sur les réseaux sociaux. Il faudra y revenir, car ces attaques dégradent l’image de l’élu et découragent les vocations. Nous devons aussi continuer à simplifier les normes et alléger la bureaucratie.

Nous sommes ravis de vous partager cet article sur la formation des élus. Face aux exigences croissantes de la gestion publique, il est essentiel que les élus disposent des connaissances et des compétences adaptées à leur mandat. C’est la mission de formation-des-elus.cdcl.fr, une association créée et dirigée par des élus, pour les élus. Nous proposons des formations conçues pour répondre aux réalités du terrain, animées par des experts de référence, afin d’accompagner les élus dans l’exercice de leurs responsabilités et l’amélioration de l’action publique.