ENTRETIEN. Municipales 2026 : « Les électeurs ont fait le choix de la personnalité du candidat plutôt que du parti », analyse Jean-Marc Calvet, président de l’association …

, ENTRETIEN. Municipales 2026 : « Les électeurs ont fait le choix de la personnalité du candidat plutôt que du parti », analyse Jean-Marc Calvet, président de l’association …

Transformation du paysage politique local, participation importante, instauration de la parité… Le président de l’association des maires de l’Aveyron et édile de Rignac, Jean-Marc Calvet revient sur les enseignements à tirer de ces élections municipales dans le département.

Selon les premières comptabilisations, l’Aveyron compterait 130 nouveaux maires lors de cette mandature. C’est un véritablement chamboulement…

Sur 284 maires (Asprières n’ayant toujours pas de candidat, NDLR), c’est beaucoup ! Cela fait un renouvellement de l’ordre de 46 %, c’est énorme. En général, on se situe plutôt entre 33 et 40 % de nouveaux édiles. Si l’on prend en compte les communes les plus peuplées, cela constitue un important pourcentage de la population qui compte désormais un nouveau maire.

Comment analysez-vous cette forme de « dégagisme » ?

Je ne pense qu’il s’agit vraiment de dégagisme. Mais ce qui est sûr, c’est que personne ne l’avait vu venir. Je croyais que l’on serait dans la moyenne habituelle. Dans certaines communautés de communes, il y a plus de nouveaux maires que de sortants !

En tout cas, je félicite tous les nouveaux élus. J’ai également une pensée pour ceux qui ont arrêté et ceux qui ont été battus.

Dans les communes comptant moins de 1 000 inscrits, les maires ont été élus avec le vote de 55 % des inscrits.

La prime au sortant est-elle en voie de disparition ?

Aujourd’hui, je crois que c’est avant tout l’implication de l’équipe qui joue beaucoup dans le résultat de l’élection. L’exemple type, c’est Decazeville où François Marty et ses colistiers ont beaucoup travaillé et ils sont réélus (Patrick Innoncenti, adjoint lors du dernier mandat l’a emporté au second tour, NDLR). Mais cela ne veut pas dire que du mauvais boulot avait été fait à Rodez pour autant.

C’est compliqué d’analyser les élections car les causes sont souvent multifactorielles. Ce n’est pas que des cas particuliers mais presque. Dans nos communes, l’influence politique nationale a été faible. Les électeurs n’ont pas fait le choix d’un parti mais plutôt de la personnalité du candidat.

En tout cas, l’Aveyron reste l’un des départements où la participation est la plus élevée. C’est un paramètre important pour la légitimité de l’élu…

La légitimité est encore plus forte lorsque l’on analyse le pourcentage de voix obtenues par le maire par rapport au nombre d’inscrits. Sur les communes en comptant moins de 1 000, les maires ont en moyenne été élus avec le vote de 55 % des inscrits. Cela acte une véritable légitimité au sens démocratique du terme.

C’est un chiffre significatif, c’est beau ! On pensait qu’il y aurait de l’abstention, ça n’a pas été le cas. Même lorsqu’une seule liste était présentée, les gens se sont intéressés à la chose et ont été voter. Pour les communes de 1 000 à 5 000 inscrits, ce taux est plus faible, il s’élève à 46,2 %, même si cela n’enlève rien à leur mérite ou à leur légitimité.

Le gros défi à venir, c’est celui du mur de la démographie scolaire.

Ce scrutin a vu l’instauration de la parité et la fin du panachage dans les communes de moins de 1 000 habitants. Les résultats sont-ils satisfaisants ?

Que ce soit au niveau de la mise en place du scrutin de liste ou de la parité, c’est une bonne chose, j’y étais d’ailleurs favorable. D’abord, car l’on vote pour une équipe entière et son projet. Ensuite, avec l’instauration de la parité, on compte désormais autant de femmes que d’hommes élus dans tout le département de l’Aveyron ! Au niveau des maires, j’espère qu’il y aura une évolution. Mais dans tous les cas, c’est une mesure positive.

Face à cette vague de nouveaux élus, que va mettre en place l’ADM pour les accompagner dans leurs fonctions ?

Un guide du nouveau maire est sorti, des webinaires seront organisés, le service juridique est à disposition des nouveaux maires et nous organiserons plusieurs formations au cours de l’année. Plus globalement, nous sommes là pour mettre en relation les élus avec différents services.

Par ailleurs, le 28 avril, nous élirons notre nouveau conseil d’administration et je serai candidat à la présidence. Je présenterai une liste qui représente l’ensemble du département, toutes les tendances politiques ainsi que toutes les tailles de communes.

Quels grands enjeux vont rythmer le mandat des maires aveyronnais ?

Il y a d’abord les questions relatives à l’énergie forcément. Avec peut-être une accélération de l’électrification de la flotte de véhicules. Mais le gros défi à venir, c’est celui du mur de la démographie scolaire. Comme partout, on enregistre une baisse du nombre d’élèves et il faudra la gérer en bonne intelligence. Car la compétence numéro 1 des communes reste l’école.

On devra faire preuve d’une grande adaptation face à cette baisse de la natalité qui a tendance à s’accentuer lors des dernières années. Pour compenser cela, il faudra se rendre attractifs et créer de l’économie pour attirer des jeunes qui viennent s’installer chez nous avec leurs enfants. C’est fondamental pour que nos écoles continuent de fonctionner. Un mandat de sept ans c’est long. Alors, il faut se mobiliser collectivement avec l’État, la Région et le Département pour continuer à travailler ensemble.

Nous sommes ravis de vous partager cet article sur la formation des élus. Face aux exigences croissantes de la gestion publique, il est essentiel que les élus disposent des connaissances et des compétences adaptées à leur mandat. C’est la mission de formation-des-elus.cdcl.fr, une association créée et dirigée par des élus, pour les élus. Nous proposons des formations conçues pour répondre aux réalités du terrain, animées par des experts de référence, afin d’accompagner les élus dans l’exercice de leurs responsabilités et l’amélioration de l’action publique.