
Maire de Trèbes, président de l’association des maires de l’Aude et du syndicat mixte des milieux aquatiques et des rivières (Smmar) et de l’association des maires de l’Aude, Éric Menassi avance l’hypothèse de faire du Smmar un opérateur départemental pour une politique collective d’aménagement du territoire.
Comment mettre en œuvre le changement dans l’Aude, face au réchauffement climatique ?
Le Premier ministre, lors de sa visite (le 7 août 2025, Ndlr), a évoqué un laboratoire sur les Corbières. Mais il est indispensable que ce périmètre soit étendu à notre département. Je vais faire référence à l’origine du syndicat mixte des milieux aquatiques et des rivières (Smmar), après les inondations de 1999 : l’idée portée par le président du conseil général Marcel Rainaud et le préfet Decharrière, ça a été de structurer avant d’agir.
Avec un outil novateur, fédérateur et opérationnel. Si l’on conserve les mêmes pratiques, demain, les mêmes causes produiront les mêmes effets. Quand le constat sera partagé par tous, on pourra avancer ensemble. Avec l’État, bien sûr, dans un rôle central. Mais on ne peut pas être dans la posture de tout demander à l’État. Cela signifie que la Région, le Département, les intercommunalités, le service départemental d’incendie et de secours (Sdis), l’office national des forêts (ONF), les parcs naturels régionaux (PNR), les syndicats, les associations, les communes, la profession agricole et viticole, tout le monde doit être associé. Ludovic Roux, le président de la chambre d’agriculture de l’Aude, et Jean-Marie Fabre, président des Vignerons indépendants, acceptent cette réalité climatique, ils l’ont intégrée.
Et le Smmar serait la structure opérationnelle ?
Je dis que le Smmar est un outil qui fonctionne, que ce modèle est cité en exemple sur la gestion des milieux aquatiques et de la prévention des inondations. Il me paraît inutile de créer une nouvelle structure : il faut de l’opérationnalité. Il faut se ranger du côté de ceux qui savent, et ce sera ensuite à nous, élus, de donner un cap, une ambition politique au service du territoire, au regard d’une réalité scientifique. Aujourd’hui, dire la vérité, c’est une obligation. Quand on parle du sujet de l’eau dans les Corbières, il faut amener de la nuance : ne rien faire et tout abandonner, bien sûr que non. Mais, pour prendre le sujet des retenues collinaires, s’il est possible d’actionner cette solution, il ne faut pas que cette option devienne la règle, au risque de ne pas pouvoir remplir ces retenues. C’est dans les sols qu’il faut stocker. Et pour ça, il faut restaurer les couverts végétaux, limiter l’urbanisation, renaturer.
Avez-vous déjà réfléchi à la restructuration du Smmar ?
C’est une hypothèse, celle d’un rôle d’opérateur départemental. Une proposition qui vise à unir, qui s’appuie sur une histoire et des réussites. Il faut des moyens nationaux, régionaux, départementaux mais il est indispensable que des opérateurs locaux puissent agir au plus près du terrain.
Je sais que la présidente du Département, Hélène Sandragné, est pleinement engagée dans cette réflexion. Pour avoir échangé longuement avec la présidente de Région, Carole Delga, je sais qu’elle partage cette analyse et cette ambition. Elle sera aux côtés des élus et du pragmatisme opérationnel, comme elle l’a toujours été. Je ne ressens pas d’opposition particulière de l’État. Il n’y a pas d’angélisme dans mes propos, c’est du pragmatisme. Je sais de quoi je parle quand je parle de gestion de crise. Je sais de quoi je parle quand je dis que, quand il y a une organisation collective pour répondre à la souffrance, ça marche. Avec le Smmar, il s’agirait de s’appuyer sur ce qui fonctionne en prenant le temps de l’adapter aux nouveaux enjeux et à une nouvelle gouvernance, élargie et repensée, avec, comme je l’ai dit, le monde agricole, le tourisme, des scientifiques, le monde associatif, le monde économique. Il n’y a pas d’intérêts contradictoires entre toutes ces parties. Le risque qui existe pour tout le monde, c’est que l’Aude meure.
Cette idée sera lue à l’aune d’une ambition politique.
Je répondrai que depuis 2014, je n’ai été candidat qu’à ma succession à la mairie de Trèbes. J’ai répondu à ces questions d’ambitions lors des dernières législatives, lors des dernières sénatoriales, lors des dernières départementales. Mais je peux affirmer que je serai candidat à Trèbes l’an prochain.
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