
Vendredi 13 février 2026, devant une assemblée composée des maires, de députés, sénateurs et représentants de services de l’État, le président de l’Association des maires et présidents de communautés de Vendée (AMPCV), Guy Plissonneau, aussi maire de La Genétouze, a dressé le portrait de six années « passionnantes, mais parfois tumultueuses ».
Une mandature traversée par des crises successives, la pandémie de Covid-19, la flambée des prix de l’énergie, l’urgence écologique. « Les défis n’ont pas manqué », a-t-il rappelé, saluant l’engagement constant des élus locaux dans un contexte souvent incertain.
Au-delà des crises sanitaires et climatiques, les maires de Vendée ont dû aussi composer avec des contraintes financières de plus en plus fortes.
« Nous faisons face à une diminution sans commune mesure de nos marges de manœuvre », a insisté le président, évoquant la disparition progressive des impôts locaux et des compensations jugées insuffisantes.
Il a aussi exprimé son inquiétude quant au budget 2026, les territoires industriels étant menacés de devenir la variable d’ajustement des comptes publics. Un paradoxe pour « des collectivités qui ont consenti des efforts pour accompagner l’implantation et le développement d’entreprises, et qui se voient aujourd’hui pénalisées. »
La chute de la démographie scolaire, enjeu du prochain mandat
Autre sujet de préoccupation, le désengagement de l’État dans certains domaines, notamment celui de la santé : les collectivités locales se voient contraintes de déployer de nouveaux services.
La démographie scolaire inquiète également les élus. La baisse importante du nombre d’enfants dans les écoles interroge la viabilité de certains établissements. « L’un des enjeux de ce prochain mandat », a souligné Guy Plissonneau.
À l’aube des élections municipales de mars 2026, le président de l’AMPCV a lancé un message aux parlementaires et aux représentants de l’État :
Je me fais le porte-parole d’une demande légitime et maintes fois exprimée, à savoir le besoin d’une vision à long terme.
Les élus locaux expriment trop souvent le sentiment de « naviguer à vue, soumis à des successions de mesures ponctuelles, changeantes et parfois imprévisibles ». Alors qu’ils ont besoin d’une stratégie claire et lisible sur plusieurs années afin d’anticiper, planifier et investir.
« La prospective n’est pas un exercice réservé aux administrations centrales », a-t-il taclé.
Elle conditionne aussi les choix budgétaires, les décisions d’investissement et les politiques de recrutement des élus locaux afin qu’ils puissent répondre au mieux aux besoins de la population.
L’échelon local, l’échelon de l’action
Invité de cette assemblée générale, Joël Balandraud, vice-président de l’Association des maires de France (AMF) et maire d’Évron, en Mayenne, s’est montré plus offensif encore.
L’État a eu tort de recentraliser un grand nombre d’impôts, dont on ne sait pas où ils vont.
Selon lui, l’échelon local constitue l’échelon de l’action et de l’innovation. « Il faut libérer notre capacité à agir et cesser de ponctionner nos ressources », a-t-il plaidé. Avant de conclure : « Les communes ne sont pas le problème. Elles sont les solutions. »
En chiffres
Il existe 253 communes en Vendée.
60 % des maires de Vendée brigueront un nouveau mandat, une proportion semblable à celle de 2014 .
50 % des maires actuels de Vendée ont plus de 65 ans.
Les femmes maires ne sont que 20 %.
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